Le Musée du Moudjahid de la wilaya de Sidi Bel-Abbes a abrité, lundi, un Séminaire historique mettant en lumière le rôle pivot joué par les étudiants algériens dans le renforcement de la lutte diplomatique et militaire de la Guerre de libération nationale.
Cet événement intervient dans le cadre de la commémoration du 70e anniversaire de la grève historique des étudiants algériens, le 19 mai de 1956.
A cette occasion, la directrice des Moudjahidine et des Ayants-droit de la wilaya de Sidi Bel-Abbes, Dalila Benmessaoud a affirmé que » la grève du 19 mai 1956 n’était pas une simple prise de position politique, mais a représenté un tournant stratégique et décisif dans le parcours de la Guerre de libération, après que l’élite étudiante ait contribué à pourvoir la Révolution en compétences jeunes et conscientes, soutenant ainsi les actions politique et militaire « .
Elle a ajouté que l’Etat algérien veille à commémorer ces étapes historiques pour les symboles nationaux qu’elles portent, et pour renforcer le lien de la génération de l’indépendance avec les sacrifices de la génération de la libération, en reconnaissance du rôle héroïque accompli par les étudiants algériens pour défendre la cause nationale à l’intérieur du pays, ainsi que dans diverses universités et instances internationales.
De son côté, le directeur du Musée du Moudjahid, Dr Abbes Kouider, a présenté une conférence intitulée » Des bancs de l’école aux champs de bataille « , dans laquelle il a abordé les conditions dures et la politique de discrimination adoptée par l’administration coloniale française pour priver les Algériens de leur droit à l’enseignement. Il a également retracé le parcours militant du mouvement estudiantin à l’intérieur et à l’extérieur du pays, notamment à travers l’Association des Etudiants Musulmans Nord-Africains (AEMNA) depuis sa fondation en 1919, jusqu’à la création de l’Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens (UGEMA), le 14 juillet 1955, en tant que cadre syndical unifié.
Dr Kouider a expliqué que le ralliement des étudiants aux rangs de la Révolution s’est fait en réponse à l’appel de la patrie, face à la recrudescence de la répression coloniale et au ciblage des élites et des intellectuels, parallèlement à l’extension de la guerre de libération. Il a souligné que leur contribution en tant que soldats, médecins, enseignants et journalistes a donné un élan qualitatif à la Révolution sur les plans militaire et diplomatique.
Il a également rappelé que les étudiants algériens dans les universités du monde entier, de Tunis et du Caire jusqu’en Russie, aux Etats-Unis et en Argentine, se sont transformés en véritables ambassadeurs de la cause nationale, contribuant à faire connaître sa justice jusqu’au recouvrement de la souveraineté nationale.
Le Séminaire a été marqué par le témoignage vivant du moudjahid Bouziane Larbi, l’un des étudiants des instituts de formation ayant répondu à l’appel de la patrie pour rejoindre les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) dans la région de Sidi Bel-Abbes, alors qu’il était âgé de 16 ans. Il a partagé son expérience de moudjahid et de secouriste, revenant sur les conditions de gestion des hôpitaux militaires dans les montagnes de la Wilaya V historique et les moyens rudimentaires utilisés à l’époque pour soigner les blessés.
Les travaux de ce Séminaire historique, organisé à l’initiative du Musée du Moudjahid en coordination avec la direction des Moudjahidine et des Ayants-droit de la wilaya, se sont clôturés par l’hommage rendu au moudjahid Bouziane Larbi, en reconnaissance de ses sacrifices et de sa contribution au service de la patrie, dans le cadre des efforts visant à préserver la mémoire nationale et à ancrer les valeurs de fidélité chez les générations montantes envers les héroïsmes de la glorieuse Guerre de libération.
