La valorisation du patrimoine archéologique national connaît un nouvel élan à travers le lancement d’une opération de prospection et de sondages évaluatifs sur le site d’Aïn Tokria, dans un contexte marqué par le renforcement des passerelles entre les institutions culturelles et le monde universitaire.
Cette initiative s’inscrit dans une vision stratégique visant à mieux documenter, protéger et promouvoir les richesses historiques encore enfouies, témoins d’un passé dense et pluriel.
Portée par les accords de coopération liant le ministère de la Culture et des Arts au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, cette démarche traduit une volonté claire d’articuler la recherche académique avec les exigences de la préservation patrimoniale.
Le lancement de cette mission de terrain a été supervisé par le directeur de la culture de la wilaya, M. Embarek Mebarkia, en présence de responsables institutionnels, dont le directeur de l’Université de Tissemsilt, le professeur Abdelghani Choucha, accompagné de son vice-recteur chargé de la recherche scientifique et de la coopération, ainsi que des autorités administratives locales, des services de sécurité et des représentants de l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés.
Classé parmi les sites archéologiques d’intérêt, Aïn Tokria s’impose comme un espace clé pour la compréhension des dynamiques historiques ayant marqué la région.
Longtemps en retrait des grandes campagnes de recherche, il suscite aujourd’hui un intérêt renouvelé de la part des spécialistes en raison de son potentiel encore largement inexploré.
Les investigations engagées visent à établir un diagnostic précis de l’état du site, à identifier les traces d’occupation humaine et à évaluer les perspectives de fouilles futures susceptibles d’enrichir les connaissances scientifiques.
La mission est conduite par une équipe pluridisciplinaire composée d’enseignants-chercheurs spécialisés en archéologie, issus de l’Université de Tipaza et de l’Institut d’archéologie de l’Université Alger 2, accompagnés d’étudiants en formation.
Placée sous la direction du professeur docteur Abdelkader Dahdouh, cette équipe mobilise des compétences variées, allant de la prospection de surface à l’analyse stratigraphique, en passant par des techniques modernes d’identification et de relevé des vestiges.
Au-delà de son apport scientifique, cette opération revêt une dimension pédagogique essentielle.
Elle permet aux étudiants de se confronter aux réalités du terrain, d’affiner leurs compétences et de participer activement à la construction du savoir archéologique.
Une expérience formatrice qui contribue à l’émergence d’une nouvelle génération de spécialistes engagés dans la sauvegarde du patrimoine national.
Prévue pour s’étendre sur plusieurs jours, cette première phase s’inscrit dans un programme plus large appelé à couvrir progressivement d’autres sites archéologiques de la région.
L’ambition est de dresser une cartographie actualisée des vestiges existants et de favoriser leur intégration dans des projets de valorisation culturelle et touristique, susceptibles de renforcer l’attractivité du territoire.
En ravivant l’intérêt pour des sites encore méconnus, cette démarche traduit une volonté affirmée de redonner au patrimoine archéologique toute sa place dans les politiques de développement culturel.
Entre rigueur scientifique, transmission du savoir et ambition patrimoniale, l’opération engagée à Aïn Tokria ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour la mise en lumière d’un héritage riche, porteur de mémoire et d’identité.
Abed MEGHIT
