L’Algérie a vocation à jouer un rôle central dans la dynamique du développement continental grâce à sa position stratégique, son poids économique et son engagement constant en faveur de l’intégration économique africaine, a indiqué un responsable de la Banque africaine de développement (BAD).
Dans un entretien à l’APS en marge des assemblées annuelles de la BAD, qui se tiennent à Brazzaville, le responsable du bureau pays du Groupe de la BAD pour l’Algérie, Abdoulkader Dileita, a indiqué que plusieurs projets structurants, à l’image du gazoduc transsaharien (TSGP), de la Route de l’unité africaine et de la dorsale transsaharienne à fibre optique, « font de l’Algérie le pivot naturel de l’intégration africaine ».
Abordant la place de l’Algérie dans la dynamique de développement continental, M. Dileita a affirmé que « l’Algérie a vocation à être un pilier du développement africain », estimant qu’il s’agit d' »une réalité que les faits fondent et que les chiffres confirment ».
Il a notamment mis en avant le statut de l’Algérie comme troisième actionnaire africain de la BAD, précisant que cette banque a mobilisé plus de 26 milliards de dollars au titre de la coopération avec les partenaires africains, en plus de l’annulation de la dette de 18 pays africains et des contributions régulières au Fonds africain de développement (FAD).
L’Algérie occupe une position stratégique majeure en Afrique grâce à sa superficie, son poids économique, ses ressources énergétiques et son rôle diplomatique, constituant ainsi « un pont naturel entre la Méditerranée, le Maghreb, le Sahel et l’Afrique subsaharienne », a ajouté M. Dileita.
Le responsable a également souligné le rôle de l’Algérie dans la sécurité énergétique régionale à travers ses exportations de gaz naturel et les projets d’interconnexion énergétique.
Il a, par ailleurs, mis en avant la vision portée par les hautes autorités du pays en faveur de la coopération sud-sud et de la coopération triangulaire, considérées comme « un catalyseur de paix, de prospérité partagée et de développement durable ».
Dans ce cadre, M. Dileita a mis en avant les contributions de l’Algérie au développement du continent, rappelant qu’elle a mobilisé d’importants financements via l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement pour financer des projets en Afrique, tout en apportant des contributions au soutien de la gouvernance et au financement des mécanismes de développement en Afrique, avec notamment une participation de 15 millions de dollars au Fonds africain de développement (FAD) saluée par le président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah.
Cette approche repose sur « une doctrine fondée sur le respect des priorités souveraines des pays africains, la promotion de projets structurants et le renforcement de la souveraineté des nations », a expliqué M. Dileita.
Il a souligné que l’Algérie occupe « une position singulière en tant que pays africain pleinement engagé dans le continent, puissance méditerranéenne et trait d’union naturel entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe », affirmant que cela constitue une chance historique pour le continent.
M. Dileita a affirmé aussi que le partenariat entre l’Algérie et la BAD dépasse le cadre d’une simple relation financière pour reposer avant tout sur « une relation de confiance édifiée dans la durée », citant la contribution de la BAD au financement du premier tronçon (Laghouat-Ghardaia-El Ménéa) de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, qui a permis de consolider les relations de confiance et le partage d’expertise entre les équipes de la Banque et les institutions algériennes.
Le responsable a, par ailleurs, mis en avant le savoir-faire algérien dans le développement agricole en zones sahariennes, estimant que l’expérience de mise en valeur du désert constitue « un modèle à fort potentiel pour le continent africain », notamment dans le contexte des changements climatiques.
Il a noté que l’Algérie pourrait jouer un rôle stratégique dans la sécurité alimentaire du continent, notamment à travers ses capacités de production d’engrais phosphatés et azotés, présentés comme « une alternative africaine crédible » face aux perturbations des approvisionnements internationaux.
