À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’Afrique, l’Algérie a réaffirmé avec force son attachement au renforcement de l’action africaine commune et à la consolidation des liens de coopération entre les peuples du continent.
Lors d’une cérémonie organisée au siège du ministère des Affaires étrangères à Alger, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a mis en avant la nouvelle dynamique insufflée à la diplomatie africaine de l’Algérie sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Dans un contexte international marqué par de profondes mutations géopolitiques et économiques, l’Algérie entend consolider sa place comme acteur majeur du continent africain.
Le chef de la diplomatie algérienne a rappelé que le projet africain commun repose depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine sur des principes fondamentaux liés à la libération des peuples, à la construction des Etats-Nations et à la défense des intérêts stratégiques du continent sur la scène internationale.
Cette orientation se traduit aujourd’hui par une présence diplomatique renforcée de l’Algérie à travers le continent.
Le nombre d’ambassades algériennes dans les pays africains est passé de 29 à 38 grâce à l’ouverture de neuf nouvelles représentations diplomatiques durant les dernières années.
En parallèle, plusieurs pays africains ont également renforcé leur présence diplomatique à Alger, illustrant le retour en force de la coopération africaine.
Sur le plan de la connectivité régionale, l’Algérie mise fortement sur le développement des liaisons aériennes et des infrastructures stratégiques.
Le réseau africain d’Air Algérie connaît une expansion remarquable avec douze destinations actuellement desservies et l’objectif affiché d’atteindre vingt lignes dans un avenir proche.
Cette dynamique vise à faciliter les échanges humains, commerciaux et économiques entre les pays africains.
L’Algérie place également la valorisation du capital humain africain au cœur de sa stratégie continentale. Le nombre de bourses de formation destinées aux jeunes africains a été considérablement augmenté, passant de 5.000 à 8.000 par an.
Ces formations couvrent l’enseignement supérieur, la formation professionnelle ainsi que les stages techniques spécialisés, traduisant la volonté d’Alger d’accompagner l’émergence d’une nouvelle génération de compétences africaines.
Sur le plan économique, le pays poursuit son engagement en faveur de l’intégration continentale à travers de grands projets structurants.
Parmi eux figurent la Route transsaharienne, le projet de gazoduc transsaharien et l’extension du réseau ferroviaire algérien vers les pays du Sahel.
Ces projets sont considérés comme des leviers majeurs pour renforcer les échanges intra-africains et favoriser le développement régional.
Le ministre a également rappelé le succès de la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine organisée en Algérie, qui a permis la conclusion de contrats estimés à 23 milliards de dollars.
Une performance qui confirme l’ambition de l’Algérie de devenir une plateforme économique régionale de premier plan.
Sur les questions politiques et sécuritaires, l’Algérie a réitéré son attachement aux principes fondamentaux de l’action africaine commune, notamment le respect de la souveraineté des Etats, le droit des peuples à l’autodétermination et la primauté des solutions politiques et diplomatiques dans le règlement des crises. Concernant le Sahara occidental, Alger continue de soutenir la reprise des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario sous l’égide des Nations unies.
La diplomatie algérienne estime que seule une solution juste et durable permettra au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination conformément aux résolutions internationales.
Le ministre a également abordé les crises qui secouent plusieurs régions du continent, notamment la Libye, le Mali, le Soudan et la Somalie, réaffirmant l’engagement de l’Algérie en faveur du dialogue politique, du respect de l’unité des Etats et du rejet des ingérences étrangères.
En clôturant son intervention, Ahmed Attaf a salué le choix de l’Union africaine de consacrer l’année 2026 à la question de la durabilité des ressources hydriques.
Un enjeu stratégique majeur qui, selon lui, conditionne désormais la stabilité, la sécurité et l’avenir du continent africain.
Par Abed Meghit
