Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la stratégie nationale de sécurité alimentaire avec le lancement officiel, à Timimoun, de la première campagne de moisson de blé issue du vaste projet algéro-italien de production céréalière et de légumineuses. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a donné jeudi soir le coup d’envoi de cette opération agricole majeure qui marque le début concret d’un investissement considéré parmi les plus ambitieux du secteur agricole national. Cette première campagne concerne une superficie de 1.600 hectares emblavés en blé dans le cadre d’un projet stratégique appelé à transformer durablement le paysage agricole saharien. Sur place, la délégation ministérielle a reçu de nombreuses explications techniques concernant l’état d’avancement des travaux, les méthodes d’irrigation utilisées ainsi que les techniques modernes de production adaptées aux conditions climatiques de la région.
Les responsables du projet ont détaillé les efforts engagés pour assurer le succès de cette expérience agricole d’envergure, notamment à travers l’utilisation de systèmes d’irrigation performants et l’introduction de techniques agronomiques modernes destinées à optimiser les rendements. Ils ont affirmé leur ambition d’atteindre, dès la prochaine saison, une production estimée à 60 quintaux par hectare grâce à l’expérience acquise au cours de cette première phase expérimentale.
Le projet repose également sur un important programme d’infrastructures confié au groupe Cosider, chargé notamment de la réalisation d’une base de vie intégrée équipée de toutes les installations nécessaires au fonctionnement du site, ainsi que de la mise en place du réseau routier devant faciliter les déplacements et les opérations logistiques.
S’étendant sur une superficie globale de 36.000 hectares, ce mégaprojet agricole constitue le fruit d’un partenariat stratégique entre le Fonds national d’investissement et le groupe italien Bonifiche Ferraresi, conformément à la règle de partenariat 51/49 %. L’objectif affiché est de produire localement des céréales, des légumineuses et des fourrages de qualité afin de réduire progressivement la dépendance aux importations et de renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Les autorités considèrent ce projet comme un modèle de coopération économique et technologique capable d’ouvrir de nouvelles perspectives pour le développement agricole dans les régions sahariennes. Grâce aux importantes réserves foncières disponibles dans le Sud algérien et à l’introduction des technologies agricoles modernes, le pays ambitionne d’accroître sensiblement ses capacités de production céréalière dans les années à venir. Au-delà de la dimension économique, cette initiative devrait également contribuer à la création d’emplois, au développement des infrastructures locales et à la dynamisation des régions sahariennes à travers l’émergence d’un véritable pôle agricole intégré. En marge de cette visite de travail, le ministre de l’Agriculture a également procédé au lancement d’une campagne de plantation d’arganiers aux abords de l’aéroport de Timimoun. Cette opération s’inscrit dans les efforts nationaux de préservation de l’environnement et de lutte contre la désertification, tout en valorisant les espèces adaptées au climat saharien. Avec ce projet d’envergure, l’Algérie confirme sa volonté d’accélérer la modernisation de son agriculture et de bâtir un modèle productif capable de répondre aux défis alimentaires futurs, tout en faisant du Sahara un espace stratégique de production et de développement durable.
Abed MEGHIT
