Une vingtaine de Britanniques évacués du MV Hondius, le navire de croisière touché par une épidémie d’hantavirus, pourront commencer à sortir de l’hôpital où ils étaient en quarantaine pour s’isoler chez eux à partir de mercredi soir, a indiqué l’agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA).
En parallèle, dix personnes cas contacts déjà à l’isolement dans les territoires britanniques d’outre-mer de Sainte-Hélène et Ascension, deux îles de l’Atlantique Sud, seront rapatriées au Royaume-Uni où elles « termineront leur auto-isolement par mesure de précaution », ajoute l’agence, sans plus de détails sur le lieu choisi.
Pour l’instant, aucune d’entre elles ne présente de symptômes, avait rassuré l’UKHSA mardi. Elles auront « accès à des services médicaux spécialisés », et le service public de santé britannique NHS est « bien équipé pour intervenir si elles venaient à tomber malades ».
Par ailleurs, selon les autorités de l’île de Sainte-Hélène, une personne à haut risque à Ascension « a développé des symptômes compatibles avec le hantavirus ». Un premier test de dépistage avait été négatif mais « des analyses complémentaires » sont en cours, ont précisé les autorités de l’île. Cette personne fait partie d’un groupe de professionnels de santé d’Ascension qui a été « en contact étroit » avec un cas confirmé. Des dispositions ont été mises en place pour organiser « son transfert », ont ajouté les autorités, sans préciser la destination, ni si cette personne faisait partie des 10 cas contacts qui vont être rapatriés au Royaume-Uni.
Vingt-deux passagers de la croisière – 20 Britanniques, un Allemand résidant au Royaume-Uni et une passagère japonaise – ont atterri dimanche soir à Manchester, dans le nord de l’Angleterre, après avoir été débarqués du MV Hondius aux îles Canaries. Ils ont été placés en quarantaine pour une période d’au moins 72 heures à l’hôpital Arrowe Park d’Upton, près de Liverpool, où ils ont subi des tests et examens.
Des dispositions vont être prises « pour accompagner celles et ceux qui retourneront prochainement chez eux pour s’isoler après leur séjour à Arrowe Park », lorsque les conditions sont réunies, a indiqué l’UKHSA.
Cet isolement doit durer 45 jours, et les autorités sanitaires maintiendront un « contact quotidien » avec ces patients, qui effectueront des tests réguliers.
Rien n’indique que la souche Andes a muté (agence de l’UE)
Aucun élément ne suggère que la souche Andes d’hantavirus a muté à la suite de l’épidémie mortelle survenue à bord d’un bateau de croisière, a estimé mercredi l’agence sanitaire de l’Union européenne, l’ECDC.
Le décès de trois passagers lors d’une croisière reliant l’Argentine au Cap-Vert suscite l’inquiétude au niveau international. Sept autres passagers ont été confirmés positifs au virus tandis qu’un huitième cas est considéré comme « probable ».
Tous les passagers ont été évacués et sont désormais en quarantaine. « Les investigations préliminaires basées sur le séquençage du génome complet dont nous disposons suggèrent qu’il n’y a aucune indication que ce virus se comporte différemment du virus connu circulant dans certaines régions du monde », a déclaré aux journalistes Andreas Hoefer, du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) basé à Stockholm. « Toutes les séquences obtenues à ce jour sont pratiquement identiques, ce qui signifie qu’il n’y a probablement eu qu’un seul cas de transmission d’un animal infecté à un humain », a ajouté M. Hoefer, microbiologiste et épidémiologiste moléculaire.
La maladie se transmet généralement par des rongeurs infectés, le plus souvent par l’urine, les excréments et la salive. Des tests en laboratoire effectués en Afrique du Sud et en Suisse ont confirmé qu’il s’agissait de la souche Andes, la seule souche d’hantavirus connue pour se transmettre entre humains.
Il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre l’hantavirus. Les directives de l’ECDC et de l’Organisation mondiale de la santé prévoient une quarantaine de 42 jours et une surveillance constante des contacts à haut risque, car la période d’incubation peut durer six semaines.
« En raison de la longue période d’incubation, il est encore possible que d’autres cas apparaissent parmi les passagers qui sont actuellement en quarantaine », a déclaré Pamela Rendi-Wagner, directrice de l’ECDC. « Cela ne peut être exclu ».
Gianfranco Spiteri, responsable de l’intelligence épidémiologique mondiale et de la sécurité sanitaire à l’ECDC, a indiqué que le risque de transmission était le plus élevé chez les personnes présentant des symptômes de la maladie.
Il n’a toutefois pas exclu que les personnes pouvaient être contagieuses dans les premiers jours précédant l’apparition des symptômes.
« Ainsi, dans une optique de prévention et de précaution maximale, nous recommandons par exemple que la recherche des contacts soit également effectuée pendant les deux jours précédant l’apparition des symptômes », a-t-il déclaré.
