Dans une atmosphère empreinte d’émotion, de mémoire et de célébration du patrimoine immatériel algérien, la ville de Sétif a vibré, jeudi, au rythme de l’ouverture de la 2ème édition des Journées nationales du poésie populaire féminine consacrées à « l’énigme et au conte populaire », une manifestation culturelle d’envergure organisée dans le cadre du Mois du patrimoine et en commémoration de la Journée nationale de la Mémoire du 8 mai 1945.
Placée sous le haut patronage de Malika Bendouda, ministre de la Culture et des Arts, ainsi que sous l’égide du wali de la wilaya de Sétif, cette rencontre culturelle a confirmé, une nouvelle fois, la place essentielle du patrimoine oral féminin dans la préservation de l’identité nationale et de la mémoire collective.
L’événement, accueilli au sein du Musée public national des antiquités de Sétif, a rassemblé une importante assistance composée d’artistes, de chercheurs, de poétesses, d’universitaires et d’acteurs du mouvement associatif venus de plusieurs régions du pays.

La cérémonie inaugurale s’est déroulée en présence du directeur de la Culture et des Arts de la wilaya de Sétif, Hachemi Ameur, accompagné du vice-président de l’Assemblée populaire communale de Sétif, Noureddine Maiouf, de la directrice du musée public national, Chadia Khelfallah, de la présidente de l’association culturelle Gardénia, Radhia Adjimi, ainsi que de nombreux cadres du secteur culturel. Tous ont salué une initiative qui met en lumière la richesse du patrimoine féminin populaire et son rôle fondamental dans la transmission des traditions, des récits et des valeurs ancestrales.
Portée par le slogan évocateur « Quand la mémoire s’exprime par la voix des femmes », cette deuxième édition a offert un programme dense et diversifié où se sont entremêlés poésie populaire, contes traditionnels, conférences intellectuelles, lectures artistiques et spectacles patrimoniaux. Les participantes, venues de vingt wilayas du pays, ont insufflé à cette manifestation une dimension nationale remarquable, témoignant de la vitalité du patrimoine oral féminin algérien et de son extraordinaire diversité culturelle.
Les visiteurs ont ainsi découvert des expositions thématiques valorisant les expressions artistiques traditionnelles, tandis que les rencontres littéraires et les débats intellectuels ont permis d’aborder la place de la femme dans la sauvegarde de la mémoire populaire et du patrimoine immatériel.
À travers les récits, les chants et les formes poétiques héritées des générations précédentes, les intervenantes ont rappelé combien les femmes ont toujours constitué les gardiennes silencieuses des traditions et des récits fondateurs de la société algérienne. La première journée de cette manifestation culturelle a également été marquée par plusieurs hommages rendus à des personnalités ayant contribué, chacune dans son domaine, à la promotion de la culture, de la création et du savoir.
Un hommage particulier a été réservé au docteur Idris Boudiba, ancien directeur de la Culture et des Arts, en reconnaissance de son parcours au service du patrimoine et de l’action culturelle.
L’événement a également été marqué par la distinction du docteur palestinien Yassine Chouk Al Malhi, président du Centre français international des scientifiques et inventeurs en Europe et président de l’Organisation des réfugiés palestiniens de la diaspora 1948.
Inventeur reconnu et auteur de plus de soixante-quinze inventions, il demeure notamment associé à la conception de l’horloge monumentale de La Mecque, une réalisation qui lui a valu une reconnaissance internationale.
Dans une ambiance chaleureuse et empreinte de reconnaissance, l’artiste et mannequin Zaoui Eddhaouia a également été honorée pour son parcours artistique, tout comme les deux employées retraitées de la direction de la Culture de Sétif, Meriem Ben Mansour et Nadia Redjam, saluées pour leurs années de dévouement au service de l’action culturelle locale.
Au-delà de son aspect festif, cette manifestation culturelle apparaît comme un véritable espace de dialogue entre générations, où la poésie populaire féminine devient un instrument de sauvegarde de la mémoire nationale et un pont entre le passé et le présent.
À travers les voix des femmes, les récits populaires et les expressions artistiques traditionnelles retrouvent aujourd’hui une nouvelle visibilité, dans un contexte marqué par une volonté croissante de préserver le patrimoine immatériel algérien face aux mutations contemporaines.
Cette deuxième édition des Journées nationales du poésie populaire féminine se poursuivra jusqu’au 9 mai 2026 au Musée public national des antiquités de Sétif, avec au programme de nouvelles rencontres littéraires, des spectacles artistiques et des échanges culturels destinés à valoriser davantage l’héritage populaire féminin algérien dans toute sa richesse et sa profondeur historique.
Par Abed Meghit
