La République centrafricaine (RCA) progresse vers la stabilité et la sécurité, mais d’importantes coupes budgétaires dans l’aide menacent les opérations humanitaires dans le pays, a déclaré vendredi à New York une responsable du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).
Edem Wosornu, Directrice de la Division de la réponse aux crises de l’OCHA, s’adressait aux journalistes au retour de sa toute première visite dans le pays, lequel « est déterminé à sortir du mode crise ».
Depuis des années, la Centrafrique bénéficie de « bonnes perspectives de financement », les appels humanitaires recueillant un taux de soutien de 95 %.
Toutefois, le plan de 2025 a été financé à moins de 40 %, et l’appel de cette année d’un montant de 268 millions de dollars n’ »est financé qu’à hauteur de 17 % à ce jour ».
Dans ce contexte, la responsable onusienne a souligné que « le pays est porteur d’espoir », tout en avertissant que « si nous ne maintenons pas le financement, nous risquons de retomber dans une situation que nous ne pouvons pas nous permettre ».
La République centrafricaine est confrontée à des cycles de conflits récurrents depuis 2013.
Une mission des Nations unies, la MINUSCA, continue de soutenir les efforts de paix.
Sur environ six millions d’habitants, 2,3 millions ont besoin d’assistance, et un habitant sur cinq est déplacé.
Les acteurs humanitaires ne peuvent aider qu’environ 1,3 million de personnes.
Malgré ces difficultés, la Centrafrique fait preuve de solidarité en accueillant des réfugiés venant de pays voisins, certains étant des professionnels de santé contribuant aux efforts locaux, selon l’ONU.
Cependant, les restrictions budgétaires ont déjà des conséquences concrètes, comme la fermeture de 20 % des structures humanitaires et la réduction des services, notamment dans le domaine de la santé, où les maladies se propagent rapidement.
Face à cette situation, Mme Wosornu a mis en garde contre un risque de retour à une crise majeure si le financement n’est pas maintenu, et insisté sur la nécessité de soutenir les populations pour renforcer leur autonomie, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la sécurité alimentaire Elle a souligné, à cet effet, la nécessité de « tout mettre en œuvre pour aider les communautés sur le terrain à assurer leur propre autonomie: de la santé à l’éducation, de l’éducation à la sécurité alimentaire ».
Centrafrique : Les coupes budgétaires menacent l’aide humanitaire (ONU)
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