La ville de Constantine a vécu, dimanche soir, un moment artistique d’une rare intensité à l’occasion du 15e Festival culturel international de musique symphonique. Accueillant l’Orchestre symphonique de Carthage, cette soirée s’est imposée comme une véritable célébration de la musique, du partage et du dialogue entre les cultures. Dans le cadre prestigieux du théâtre régional Mohamed Tahar Fergani, un public nombreux s’est rassemblé pour assister à cette rencontre musicale exceptionnelle. L’enthousiasme et l’intérêt croissant des Constantinois pour la musique symphonique se sont pleinement exprimés, témoignant d’une dynamique culturelle en plein essor. Sous la direction inspirée du maestro Hafedh Magueni, l’Orchestre symphonique de Carthage a offert une prestation remarquable, marquée par une grande maîtrise technique et une sensibilité artistique raffinée. Le programme proposé, riche et varié, a su captiver l’auditoire dès les premières notes, en mêlant avec élégance les grandes œuvres du répertoire classique à des compositions issues du patrimoine musical arabe. Cette fusion harmonieuse a permis de créer un véritable pont entre les cultures, illustrant la capacité de la musique à transcender les frontières et à rassembler les sensibilités. Les hommages rendus à des figures emblématiques telles que Mohamed Abdelwahab, Farid El At rache et Baligh Hamdi ont profondément touché le public, ravivant un héritage musical précieux et intemporel. Dans une démarche résolument ouverte, l’orchestre a également proposé des interprétations contemporaines, revisitant des morceaux de la pop, du disco et des rythmes latins dans des arrangements symphoniques modernes. Cette approche audacieuse a su séduire un large public, démontrant que la musique symphonique peut dialoguer avec les tendances actuelles tout en conservant son identité. Parmi les moments les plus émouvants de la soirée, les interprétations de « Ya Qodsou, Zahrat El Madaen » et de « Louabet El Ayam » ont suscité une vive émotion dans la salle, traduite par de longues ovations. Ces instants ont illustré avec force le pouvoir de la musique à éveiller les émotions et à créer des liens profonds entre les artistes et leur public.
Le Festival international de musique symphonique, qui se poursuit jusqu’au 7 mai à l’Opéra d’Alger, confirme ainsi son rôle de plateforme d’échanges et de rayonnement culturel. Avec la participation d’ensembles venus de 21 pays et la présence de la République tchèque en invitée d’honneur, cette manifestation contribue à renforcer les liens artistiques et à valoriser la diversité des expressions musicales. À travers cette soirée mémorable, Constantine réaffirme sa vocation de carrefour culturel et artistique. La musique, dans toute sa richesse et sa diversité, y apparaît comme un vecteur de rapprochement et d’ouverture, capable de rassembler les peuples autour de valeurs communes. Ainsi, cette nuit symphonique restera comme un symbole fort d’harmonie et de partage, où l’art a su créer une parenthèse lumineuse, portée par l’émotion, la créativité et l’excellence artistique.
Abed MEGHIT
