Le Pr Khenchoul Youcef chirurgien hépatobiliaire et pancréatique et président de l’association ASPHP, invité du Forum de DK News : ‘’L’absence de culture du don d’organes retarde le développement de la transplantation hépatique en Algérie’’

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* La chirurgie est le traitement optimal du cancer du foie, contrairement à la chimiothérapie
* 80 % des cas de cancer du foie ne peuvent pas être intégrés dans des protocoles de prise en charge en raison d’un diagnostic tardif

Le professeur Youcef Khenchoul, président de la Société scientifique des maladies du foie et du pancréas, estime que l’absence d’une véritable culture du don d’organes constitue un frein majeur au développement
de la transplantation hépatique en Algérie. Il souligne également que les maladies du foie connaissent une progression inquiétante, représentant une menace pour la santé publique.

Le professeur Khenchoul, chirurgien, chef de service au CHU Ibn Badis et professeur de classe « A », affirme que la chirurgie constitue le seul traitement curatif du cancer du foie, contrairement à la chimiothérapie. Il précise que cette approche peut atteindre un taux de réussite de 90 %, à condition d’un diagnostic précoce.
Intervenant mardi lors du forum « Dk News », il a réaffirmé que la chirurgie reste l’option thérapeutique la plus efficace pour le cancer du foie, insistant sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de dépistage précoce.
Il a également indiqué que la transplantation hépatique en Algérie représente un objectif stratégique majeur du système national de santé, nécessitant des moyens logistiques importants, une coordination efficace entre les établissements de santé ainsi qu’une formation continue des professionnels.
Il a plaidé pour la mise en place d’un programme spécifique dédié au carcinome hépatocellulaire (CHC), soulignant que son incidence est en augmentation à l’échelle mondiale. Il a ajouté que les pays européens enregistrent déjà des chiffres préoccupants, laissant présager que ce type de cancer figurera parmi les plus fréquents à l’horizon 2030.

Khanchoul : attention à l’obésité

Lors du forum, le professeur Khanchoul a énuméré les principaux facteurs de risque classiques du cancer du foie, notamment la consommation d’alcool, le tabagisme et la lithiase biliaire (calculs de la vésicule biliaire).
Il a également évoqué la prédisposition génétique, tout en précisant que son rôle reste relativement limité.
Il a insisté sur l’impact de l’obésité, qui, bien qu’elle ne soit pas une cause principale, contribue au développement des maladies hépatiques, notamment la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), pouvant évoluer vers un cancer du foie.
Il a encouragé à éviter la restauration rapide et à revenir aux habitudes alimentaires traditionnelles, soulignant que les plats locaux sont généralement plus sains.

La lutte contre le tabagisme doit cibler les jeunes

Le professeur Khanchoul estime que les campagnes de lutte contre le tabagisme doivent cibler en priorité les jeunes et les enfants afin de réduire sa prévalence.
Il a précisé que le tabagisme constitue un facteur de risque majeur du cancer du foie, notamment chez les personnes âgées de 70 ans et plus.
Il a également alerté sur le fait que 80 % des patients atteints de cancer du foie ne peuvent être inclus dans des protocoles thérapeutiques, car la maladie est diagnostiquée à un stade avancé, souvent irréversible, d’où l’importance cruciale du dépistage précoce.

Mise en garde contre les plantes médicinales et la « médecine alternative »

Le professeur Khanchoul a appelé à renforcer la formation des médecins généralistes pour reconnaître précocement les signes de l’ictère (jaunisse) afin d’améliorer le diagnostic précoce.
Il a mis en garde contre le recours aux plantes médicinales et à la médecine dite “alternative”, notamment chez les patients souffrant de maladies biliaires.
Il a exhorté les autorités à intervenir pour encadrer légalement ces pratiques, dénonçant l’exploitation de patients vulnérables via les réseaux sociaux. Il a insisté sur le fait que les maladies du foie nécessitent une prise en charge scientifique rigoureuse, les pratiques non encadrées pouvant entraîner des complications graves, voire la mort.

Calculs biliaires : pourquoi craindre la chirurgie ?

Le professeur Khanchoul s’est étonné de la crainte de nombreuses personnes, en particulier des femmes, vis-à-vis de la cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire).
Il a expliqué que l’intervention chirurgicale est la solution la plus sûre pour deux raisons :
Elle permet une élimination définitive des calculs, contrairement aux traitements médicamenteux souvent limités.
Les calculs non traités peuvent entraîner des inflammations chroniques susceptibles d’évoluer vers des tumeurs, voire un cancer du foie.

L’absence de culture du don d’organes freine la transplantation hépatique

Le professeur Khanchoul a appelé à intensifier les campagnes de sensibilisation au don d’organes, soulignant la générosité de la société algérienne.
Il a affirmé que le don d’organes n’est pas en contradiction avec les principes de l’islam, et que la législation algérienne encadre clairement ces pratiques selon des normes strictes.
En conclusion, il a insisté sur la nécessité d’investir dans la préparation des programmes de transplantation hépatique, compte tenu de l’augmentation rapide des maladies du foie à l’échelle mondiale.
Il a reconnu que l’Algérie accuse un retard dans ce domaine, déclarant : « Nous avons besoin de faire davantage d’efforts. »


Il a souligné l’importance du : Donneur vivant, et donneur décédé (don cadavérique)
Ce dernier présente, selon lui, des avantages majeurs : aucun risque pour le donneur et la possibilité de sauver plusieurs vies simultanément.
Par Abdelhamid Arafa

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