Le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme au Sahara occidental (CODESA) a dénoncé la poursuite de ce qu’il qualifie de « persécution systématique » des femmes sahraouies dans les territoires occupés du Sahara occidental, appelant la communauté internationale à intervenir pour ouvrir une enquête sur les violations dont elles seraient victimes.
Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le collectif affirme que les femmes sahraouies ont subi, durant plusieurs décennies, de graves violations des droits humains imputées à l’occupant marocain.
Selon l’organisation, ces violations incluraient notamment des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des enlèvements, des actes de torture, des détentions politiques et des procès jugés inéquitables.
Le collectif évoque également des cas de violences sexuelles, de harcèlement et de campagnes de diffamation visant des militantes sahraouies engagées dans la défense des droits humains et du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Le CODESA souligne que ces pratiques constitueraient des violations graves du droit international humanitaire ainsi que des conventions internationales relatives à la protection des droits humains.
L’organisation estime que les femmes sahraouies sont particulièrement ciblées en raison de leur engagement dans les mouvements de défense des droits du peuple sahraoui.
Le collectif affirme également que de nombreuses victimes n’ont pu témoigner des violences subies que récemment, en raison du blocus militaire, policier et médiatique imposé, selon lui, dans les territoires occupés du Sahara occidental.
Il rappelle que la région accueille depuis 1991 la mission des Nations unies chargée de superviser l’organisation d’un référendum d’autodétermination, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).
Face à cette situation, le CODESA appelle les Nations unies, les organisations internationales de défense des droits humains ainsi que les organisations féminines à intervenir de manière urgente afin de soutenir les femmes sahraouies et d’ouvrir une enquête internationale indépendante sur les abus dénoncés.
Le collectif appelle également la communauté internationale à intensifier ses efforts pour relancer le processus de décolonisation du Sahara occidental, faire la lumière sur le sort des personnes disparues et œuvrer à la libération des prisonniers politiques sahraouis détenus dans les prisons marocaines.
Par Abed Meghit
Journée internationale des droits des femmes Femmes sahraouies : mémoire, résistance et espoir d’un peuple en quête d’autodétermination
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars à travers le monde, la lutte des femmes sahraouies rappelle avec force la dimension humaine du conflit au Sahara occidental.
Depuis des décennies, elles se trouvent au cœur de la résistance, de la préservation de l’identité nationale et de la transmission de la mémoire collective d’un peuple toujours engagé dans la quête de son droit à l’autodétermination.
Dans un article intitulé « Un demi-siècle de résistance entre exil, occupation et lutte pour l’autodétermination », publié par le site d’information Not To Olvide Sahara Occidentale, l’auteure Victoria G. Corera met en lumière le rôle déterminant joué par les femmes sahraouies dans la vie politique, sociale et culturelle de leur communauté.
Malgré l’exil, l’occupation et les défis liés à la dispersion de la diaspora, elles ont réussi à préserver la cohésion de la société sahraouie et à maintenir vivante l’identité d’un peuple confronté à des décennies d’incertitude.
Au fil des années, le mouvement des femmes sahraouies s’est progressivement structuré, donnant naissance à un réseau dynamique de militantes, d’intellectuelles et d’actrices de la société civile.
Ce mouvement a su tisser des liens solides avec de nombreuses organisations et initiatives de solidarité à travers le monde, notamment en Afrique, en Europe et en Amérique latine.
Grâce à ces partenariats, la cause sahraouie a gagné en visibilité sur la scène internationale, tandis que les revendications liées aux droits des femmes se sont inscrites dans une lutte plus large pour la reconnaissance des droits collectifs des peuples. La nouvelle génération de femmes sahraouies illustre également cette évolution.
Formées dans des universités africaines, européennes et latino-américaines, elles investissent aujourd’hui divers domaines tels que la diplomatie, la recherche académique, la culture et le plaidoyer international.
Par leurs initiatives, leurs conférences et leurs travaux, elles contribuent à porter la voix du peuple sahraoui dans les forums internationaux et à défendre son droit à l’autodétermination.
Dans les villes du Sahara occidental sous administration marocaine, de nombreuses femmes sahraouies se distinguent également par leur engagement dans la défense des droits humains.
Militantes, mères ou proches de prisonniers politiques, elles participent régulièrement à des manifestations pacifiques, à des campagnes de sensibilisation et à des actions de documentation visant à dénoncer les violations commises contre la population sahraouie. Malgré une surveillance constante, des arrestations arbitraires et des pressions dénoncées par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, ces femmes continuent de s’exprimer et de défendre leurs convictions.
Leur détermination témoigne d’une volonté inébranlable de préserver la dignité et les droits de leur peuple, même dans un contexte particulièrement difficile. Dans ce contexte, la commémoration du 8 mars revêt pour les Sahraouis une portée symbolique supplémentaire. Cette date coïncide également avec le souvenir de Bachir Lahlaoui, considéré comme le premier martyr de la révolution sahraouie, tombé en 1974 lors de la lutte pour la libération de sa patrie.
Au-delà de l’hommage rendu à cette figure historique, cette journée constitue surtout un moment de reconnaissance envers les femmes sahraouies qui, depuis des décennies, portent la mémoire, l’espoir et la résistance d’un peuple.
Des camps de réfugiés aux territoires occupés, en passant par la diaspora répartie sur plusieurs continents, elles demeurent un pilier essentiel de la société sahraouie.
Leur engagement quotidien illustre une réalité souvent méconnue : dans les situations de conflit et d’exil, les femmes deviennent fréquemment les gardiennes de l’identité collective et les actrices centrales de la résilience sociale.
Au Sahara occidental, leur rôle dépasse largement le cadre symbolique.
Elles participent à l’organisation de la vie communautaire, à l’éducation des nouvelles générations et à la préservation d’une mémoire historique indispensable à la continuité du projet national sahraoui.
Ainsi, en cette Journée internationale des droits des femmes, l’histoire des femmes sahraouies rappelle que la lutte pour l’égalité et la dignité ne peut être dissociée du combat pour la liberté et l’autodétermination.
Par leur courage, leur persévérance et leur engagement, elles incarnent aujourd’hui l’un des visages les plus forts de la résistance sahraouie et l’espoir d’un avenir fondé sur la justice et la reconnaissance des droits de leur peuple.
Abed M.
