Ramadhan : Nécessité d’adapter la pratique sportive aux exigences du jeûne (spécialistes)

dknews
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De nombreux spécialistes s’accordent à dire que le jeûne et la pratique sportive ne sont pas incompatibles, à condition d’adapter cette pratique aux spécificités et aux exigences du mois sacré.

Le jeûne impose une abstinence totale de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil, ce qui oblige l’organisme à s’adapter à ce changement en raison de la diminution progressive des réserves de glycogène, de la modification du métabolisme énergétique et de l’augmentation du risque de déshydratation, notamment chez les sportifs.

A ce propos, Dr. Nabila Cherifi, membre de la commission médicale du Comité olympique et sportif algérien, a expliqué que « le corps humain possède une grande capacité d’adaptation. 

Pour une personne en bonne santé, le jeûne du Ramadhan ne représente pas un danger en soi, mais l’intensité de l’effort et son moment deviennent des facteurs déterminants ».

Pour Kamel (38 ans), qui pratique régulièrement la course à pied, le Ramadhan constitue « une période de recentrage ». 

Il indique que les premiers jours sont les plus difficiles: « Je ressens plus de fatigue et je réduis le rythme, puis le corps s’habitue rapidement au nouveau régime ».

A l’instar d’autres pratiquants, Kamel a modifié ses habitudes: il ne court plus le matin, mais privilégie désormais des séances plus courtes après l’iftar, tout en restant régulier.

Même constat pour Djamila (26 ans), basketteuse, qui affirme que les matchs en soirée ne posent pas de réel problème, alors que les entraînements intensifs en journée sont plus difficiles. 

Elle précise que l’entraîneur allège le programme et met l’accent sur les aspects tactiques et la récupération.

Contrairement à certaines idées reçues, le Ramadhan – selon les spécialistes – n’entraîne pas nécessairement une baisse brutale des performances. 

Tout dépend du type de sport, du niveau du pratiquant et des objectifs fixés.

Dans ce contexte, Dr. Cherifi estime que le jeûne « entraîne une diminution temporaire des réserves énergétiques et un risque potentiel de déshydratation, mais cela n’est pas dangereux chez une personne en bonne santé: cela impose toutefois une adaptation de l’effort ».

Elle ajoute: « Qu’il soit sportif de haut niveau ou amateur, il doit réajuster le timing de ses entraînements, en optant pour une séance légère quelques heures avant l’iftar afin d’éviter la déshydratation, et une autre plus soutenue en soirée après la rupture du jeûne, tout en réduisant l’intensité et le volume et en mettant l’accent sur la réhydratation nocturne. ».

Dr. Cherifi, à l’instar des autres médecins spécialisés que ça soit en médecine du sport ou en nutrition, insiste sur la nécessité d’adapter le régime alimentaire des sportifs en privilégiant des repas complets riches en glucides et en protéines, ainsi qu’une bonne gestion du sommeil, compte tenu de son impact direct sur la performance et les résultats techniques.

Le timing des séances d’entraînement constitue une question centrale, les sportifs disposant de trois principales options: avant l’iftar, immédiatement après, ou tard dans la nuit.

Un entraînement avant l’iftar peut convenir pour des séances légères, à condition que l’effort reste modéré afin de limiter le risque de déshydratation. 

Toutefois, pour la majorité des pratiquants, l’entraînement après l’iftar demeure la solution la plus confortable.

A ce sujet, Dr. Abderrahmane Ghlaimi, spécialiste en médecine du sport, recommande d’attendre au moins une heure après le repas avant d’entamer une séance intensive, afin de faciliter la digestion et d’optimiser la performance.

Pour les sportifs de haut niveau, l’organisation est encore plus rigoureuse: encadrement médical, plan nutritionnel précis et gestion du sommeil deviennent des éléments essentiels. 

Dr. Ghlaimi souligne que l’athlète d’élite peut poursuivre sa préparation durant le Ramadhan, à condition de respecter strictement son programme d’entraînement, son régime alimentaire et, surtout, son sommeil. 

Il rappelle que le manque de sommeil figure parmi les principaux facteurs de risque, entraînant fatigue chronique et augmentation des blessures.

Par ailleurs, le passage de trois repas répartis dans la journée à deux principaux repas nocturnes exige une attention particulière, ce qui conduit les spécialistes à insister sur l’importance d’une alimentation équilibrée, riche en glucides complexes et en protéines, tout en assurant une hydratation suffisante entre l’iftar et le s’hor.

En somme, le jeûne du mois de Ramadhan n’est nullement incompatible avec la pratique sportive, mais appelle simplement à la modération et à une planification réfléchie de l’entraînement. 

En respectant ces conditions, le sportif peut accomplir le jeûne en toute sérénité sans renoncer à son activité physique habituelle.

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