L’Algérie poursuit sa marche vers la généralisation des services numériques et le renforcement de l’inclusion technologique à travers l’ensemble du territoire national. Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a annoncé à Alger l’achèvement imminent du vaste programme de couverture de 1.400 localités par les réseaux de téléphonie mobile, tout en révélant la préparation d’un nouveau plan destiné à raccorder les zones restantes.
Cette nouvelle étape confirme la volonté des pouvoirs publics de faire des télécommunications un levier majeur du développement économique, social et territorial. Dans un pays aux dimensions continentales, marqué par de fortes disparités géographiques, l’accès aux réseaux de communication représente désormais un enjeu stratégique aussi important que les infrastructures routières ou énergétiques.
Lors d’une séance plénière au Conseil de la nation, le ministre a souligné que le programme en cours arrive à sa phase finale après plusieurs années d’efforts techniques et financiers importants. Les autorités entendent désormais lancer un second programme afin d’étendre davantage la couverture nationale et réduire les zones encore insuffisamment desservies. Le ministre a rappelé que cette stratégie s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à garantir un accès équitable aux services de télécommunications pour l’ensemble des citoyens, y compris dans les régions éloignées et frontalières. Les opérateurs de téléphonie mobile sont soumis à des obligations strictes inscrites dans leurs cahiers des charges. Ils doivent assurer une couverture de qualité dans toutes les localités de plus de 2.000 habitants sous le contrôle de l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques. Cette institution veille régulièrement à l’évaluation de la qualité des services à travers des opérations de contrôle et des audits techniques. Pour les zones moins peuplées, le Fonds du service universel des communications électroniques intervient afin de financer les opérations nécessaires à leur raccordement. Cette approche permet d’éviter l’exclusion numérique des populations vivant dans les régions rurales ou isolées et contribue à renforcer l’égalité territoriale. Au-delà des centres urbains, les autorités accordent également une importance particulière à la couverture des axes routiers nationaux. Le ministre a insisté sur le rôle économique et sécuritaire de ces infrastructures numériques qui facilitent les déplacements, soutiennent les activités commerciales et garantissent aux citoyens un contact permanent avec les services de secours et les réseaux de communication. Des réunions périodiques sont organisées avec les opérateurs et l’ARPCE afin d’évaluer les progrès réalisés dans ce domaine et d’accélérer les travaux dans les zones prioritaires. Cette coordination permanente vise à assurer une meilleure efficacité dans la mise en œuvre des programmes d’extension.
Dans la wilaya d’El Tarf, 35 stations ont été créées sur l’autoroute Est-Ouest, dont huit sont déjà opérationnelles depuis 2025. Quatorze stations supplémentaires ont également été installées pour assurer la couverture de 19 zones frontalières, traduisant l’importance stratégique accordée à ces régions sensibles.
Le ministre a également présenté plusieurs indicateurs concernant d’autres wilayas. À Mostaganem, le réseau comprend désormais 591 stations Mobilis, 564 stations Ooredoo et 536 stations Djezzy. La dernière station y a été mise en service en avril 2026. Dans la wilaya de Relizane, les infrastructures totalisent plus de 1.400 stations réparties entre les trois opérateurs, permettant la couverture de 92 localités dans 24 communes. La wilaya d’El Bayadh bénéficie quant à elle de plusieurs projets de fibre optique et de la couverture de trois routes nationales principales, avec des taux de réalisation atteignant parfois 100 %. Ces investissements traduisent l’accélération de la modernisation numérique dans les régions de l’intérieur du pays. À travers cette stratégie ambitieuse, l’Algérie cherche à bâtir une infrastructure numérique capable de soutenir la transformation économique nationale, de renforcer l’attractivité des territoires et de favoriser l’émergence d’une société davantage connectée. La généralisation des réseaux de télécommunication apparaît aujourd’hui comme un pilier essentiel de la modernisation du pays et de son intégration dans l’économie numérique mondiale.
Abed MEGHIT
