L’Algérie poursuit son avancée dans le domaine de la numérisation des services financiers avec une progression remarquable du paiement électronique et des infrastructures numériques liées aux transactions monétaires. Les réformes engagées par les pouvoirs publics au cours des dernières années commencent désormais à produire des résultats significatifs, traduisant une transformation progressive des habitudes financières des citoyens et des opérateurs économiques. Lors d’une séance plénière au Conseil de la nation, le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a mis en avant les progrès enregistrés dans le développement du système national de paiement électronique ainsi que les efforts engagés pour renforcer la sécurité des transactions et leur conformité aux normes technologiques modernes. Selon le ministre, cette évolution s’inscrit dans le cadre du vaste processus de transformation numérique engagé par l’État afin de moderniser les services financiers, d’encourager l’inclusion bancaire et de faciliter les opérations de paiement pour les citoyens et les entreprises.
Parmi les mesures structurantes mises en place figure la création, en 2024, de la Commission nationale des moyens de paiement électronique. Cette instance joue un rôle central dans le suivi du développement des infrastructures numériques financières et dans l’amélioration des mécanismes de sécurisation des transactions électroniques. Les chiffres communiqués par le ministre témoignent de l’ampleur de cette évolution. Jusqu’à la fin du mois de mars dernier, l’Algérie comptait près de 22 millions de cartes de paiement en circulation, dont 18 millions de cartes relevant d’Algérie Poste. Cette progression illustre l’élargissement de l’accès aux moyens de paiement modernes et la montée progressive des services numériques dans le quotidien des citoyens. Le réseau des distributeurs automatiques de billets connaît également une expansion continue avec 4.713 appareils recensés à travers le territoire national à la fin du mois de mars. Ces équipements ont permis l’enregistrement de 235 millions d’opérations, confirmant la forte utilisation des services bancaires automatisés. Les terminaux de paiement électronique enregistrent eux aussi une croissance importante. Le pays compte désormais plus de 104.000 TPE installés dans différents commerces et établissements de services. À la fin de l’année 2025, plus de dix millions d’opérations de paiement avaient été effectuées via ces équipements pour une valeur avoisinant 55 milliards de dinars.
Pour les autorités financières, ces indicateurs traduisent une évolution notable des comportements des consommateurs et une adoption progressive des outils de paiement numérique par les opérateurs économiques. Cette dynamique devrait contribuer à réduire l’utilisation excessive du liquide et à améliorer la transparence des transactions financières.
Le ministre a toutefois insisté sur l’importance de poursuivre les efforts de sensibilisation afin d’encourager davantage de citoyens à utiliser les moyens de paiement électronique. Malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis demeurent liés notamment aux habitudes de consommation, à la confiance numérique et à la généralisation des infrastructures dans certaines régions. Au cours de la même séance, Abdelkrim Bouzred a également annoncé la mise en place prochaine d’un nouveau mécanisme destiné à faciliter le règlement des créances des opérateurs économiques. Ce dispositif devrait être activé avant la fin de l’année afin d’améliorer les relations financières entre les entreprises et les administrations et de soutenir la dynamique économique nationale. À travers cette transformation numérique progressive, l’Algérie cherche à bâtir un système financier plus moderne, plus accessible et mieux adapté aux exigences de l’économie contemporaine. Le développement du paiement électronique apparaît désormais comme un pilier essentiel de la modernisation économique et de l’intégration du pays dans les nouvelles dynamiques financières mondiales.
Abed MEGHIT
