Plus de cinq millions de psychotropes saisis : L’Algérie face à une offensive inquiétante des réseaux criminels

dknews
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L’ampleur des récentes saisies de psychotropes réalisées par les services
de sécurité algériens révèle une menace d’une gravité exceptionnelle
qui dépasse désormais le simple cadre du trafic de stupéfiants.

En l’espace d’une seule journée, plus de cinq millions de comprimés de Prégabaline 300 mg ont été interceptés lors de deux opérations distinctes menées à Timimoun et Tamanrasset, mettant en lumière l’intensification inquiétante des activités des réseaux criminels transnationaux ciblant le territoire national.
Ces opérations spectaculaires, conduites par les services spécialisés de lutte contre le trafic de stupéfiants et les unités de l’Armée nationale populaire, témoignent du niveau de sophistication atteint par les organisations impliquées dans ce commerce illicite.
Les autorités parlent désormais d’une véritable guerre contre les réseaux criminels qui exploitent les frontières et les circuits clandestins pour inonder le marché algérien de substances psychotropes particulièrement dangereuses.
Le parquet du pôle judiciaire spécialisé de Sidi M’hamed a annoncé le placement en détention provisoire de treize individus impliqués dans une vaste affaire de trafic international de psychotropes.
Selon les enquêteurs, cette organisation criminelle transnationale comptait au total vingt membres, dont plusieurs demeurent encore en fuite malgré l’identification officielle de leurs identités.
Les investigations menées par le Service central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants ont permis la saisie de près de quatre millions de comprimés de Prégabaline lors de cette seconde opération.
Quelques heures auparavant, une autre cargaison dépassant le million d’unités avait déjà été interceptée par les forces de l’ANP à Tamanrasset dans le cadre d’une embuscade minutieusement préparée.
Ces chiffres vertigineux traduisent l’ampleur du phénomène et la détermination des réseaux criminels à cibler le marché algérien.
Initialement utilisé dans le traitement médical des douleurs neuropathiques et de certaines pathologies neurologiques, le Prégabaline est progressivement devenu l’un des psychotropes les plus recherchés sur les marchés clandestins en raison de ses effets euphorisants et sédatifs.
Les spécialistes de la santé alertent depuis plusieurs années sur les dangers liés à la consommation détournée de cette substance, particulièrement répandue chez les jeunes et les adolescents.
Les effets psychologiques et neurologiques peuvent être extrêmement graves : dépendance rapide, troubles du comportement, hallucinations, pertes de mémoire, violences ou encore risques mortels en cas d’association avec d’autres produits.
Au-delà de la dimension sanitaire, les conséquences sociales deviennent de plus en plus alarmantes.
De nombreuses familles se retrouvent confrontées à des situations dramatiques liées à la dépendance aux psychotropes, tandis que les structures de santé et les services sociaux peinent parfois à répondre à l’ampleur du problème.
Face à cette menace, les autorités multiplient les opérations de contrôle et de surveillance aux frontières ainsi qu’à l’intérieur du pays.
Les services de sécurité considèrent désormais la lutte contre les psychotropes comme une priorité stratégique relevant directement de la sécurité nationale et de la protection de la société.
Les experts estiment que les réseaux criminels exploitent la forte demande sur le marché clandestin ainsi que les difficultés économiques et sociales pour étendre leurs activités.
La sophistication des méthodes de contrebande et l’implication de réseaux transnationaux rendent la lutte particulièrement complexe.
Cette situation relance également le débat sur la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention, de sensibilisation et de prise en charge des personnes dépendantes.
Les spécialistes insistent sur l’importance d’une approche globale combinant sécurité, santé publique, éducation et accompagnement social afin d’éviter que ce fléau ne continue de fragiliser la société algérienne.
Abed MEGHITb

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