La présence bancaire algérienne en Afrique de l’Ouest franchit une nouvelle étape stratégique.
Par Abed Meghit
Après son implantation réussie au Sénégal, la Banque algérienne au Sénégal (ABS) prépare désormais son déploiement au Niger avant d’envisager une nouvelle implantation en Côte d’Ivoire, confirmant ainsi l’ambition grandissante de l’Algérie de renforcer son influence économique et financière sur le continent africain.
Cette dynamique traduit une volonté claire des autorités algériennes d’accompagner les entreprises nationales dans leur expansion africaine tout en consolidant les échanges commerciaux et les partenariats régionaux.
Le directeur général de l’ABS, Abdelhafid Haned, a annoncé à Alger que les démarches administratives relatives à l’ouverture d’une succursale à Niamey ont déjà été engagées auprès des autorités monétaires nigériennes.
Selon lui, l’ouverture officielle de cette nouvelle structure pourrait intervenir d’ici la fin de l’année en cours ou au début de l’année 2027. Cette implantation s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à transformer l’établissement bancaire en véritable plateforme régionale capable de soutenir les investissements algériens en Afrique de l’Ouest.
Depuis son lancement au Sénégal à la fin de l’année 2023, l’ABS s’est progressivement imposée comme un outil financier destiné à faciliter les opérations commerciales entre l’Algérie et plusieurs pays africains. Au-delà des activités bancaires classiques, l’établissement joue également un rôle d’accompagnement et de conseil auprès des opérateurs économiques algériens souhaitant investir ou exporter vers les marchés africains.
Cette approche vise à réduire les difficultés administratives et réglementaires auxquelles sont souvent confrontés les investisseurs. Le choix du Niger n’est pas fortuit. Les relations entre Alger et Niamey connaissent une intensification notable ces dernières années, notamment à travers plusieurs accords stratégiques conclus dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications et des infrastructures. Des groupes algériens majeurs comme Sonelgaz, Sonatrach et Algérie Télécom multiplient les projets de coopération avec les autorités nigériennes, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives économiques pour les deux pays.
Dans ce contexte, la présence d’une banque algérienne sur le territoire nigérien apparaît comme un levier essentiel pour sécuriser les transactions financières et soutenir les futurs investissements.
Pour les responsables de l’ABS, cette future implantation représente bien plus qu’une simple extension géographique. Elle constitue une étape déterminante dans la construction d’un réseau bancaire régional capable de soutenir l’intégration économique africaine. L’objectif affiché est de créer un véritable pôle bancaire algérien en Afrique de l’Ouest, capable de rivaliser avec les grands groupes financiers déjà présents dans la région. Le projet d’ouverture d’une succursale en Côte d’Ivoire confirme également cette stratégie offensive.
Considérée comme l’une des économies les plus dynamiques de la région, la Côte d’Ivoire représente un marché à fort potentiel pour les entreprises algériennes opérant dans les secteurs du bâtiment, de l’énergie, de l’agroalimentaire ou encore des services. Une implantation bancaire dans ce pays pourrait considérablement faciliter les échanges économiques et renforcer la présence commerciale algérienne.
Créée avec un capital de 100 millions de dollars, l’ABS repose sur un partenariat réunissant plusieurs grandes banques publiques algériennes, notamment la Banque nationale d’Algérie, le Crédit populaire algérien, la Banque extérieure d’Algérie et la Banque de l’agriculture et du développement rural.
Cette union illustre la volonté des institutions financières algériennes de mutualiser leurs moyens afin de soutenir la stratégie africaine du pays.
Parallèlement, la Banque algérienne en Mauritanie poursuit également son développement.
Son directeur exécutif, Aboubacar Diallo, a mis en avant la forte progression des échanges commerciaux entre Alger et Nouakchott, estimés à près de 500 millions de dollars l’année dernière.
L’ouverture de plusieurs agences en Mauritanie témoigne de cette dynamique croissante et confirme l’importance accordée par l’Algérie à sa coopération économique avec ses partenaires africains. Cette expansion bancaire intervient dans un contexte où l’Afrique devient un espace de compétition économique majeur entre plusieurs puissances régionales et internationales. Pour l’Algérie, le renforcement de sa présence financière sur le continent représente un instrument stratégique visant à soutenir ses exportations, favoriser les investissements et renforcer son positionnement géopolitique dans une région en pleine mutation économique.
