Alger a vibré, les 9 et 10 mai 2026, au rythme de l’Afrique économique et des ambitions continentales à l’occasion de la 12e édition du Forum africain de l’investissement et du commerce (AFIC12), organisée à l’hôtel Sheraton sous le thème évocateur : « Ensemble, ouvrons les marchés ».
Placée sous le haut patronage du ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, cette importante rencontre continentale a réuni décideurs politiques, institutions financières, investisseurs, opérateurs économiques et représentants d’organisations africaines et internationales autour d’un objectif commun : accélérer l’intégration économique africaine et transformer les potentialités du continent en projets concrets et créateurs de valeur.
Organisé par le Centre arabo-africain d’investissement et de développement (CAAID), en collaboration avec l’Union africaine, la Ligue des États arabes, le secrétariat général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), le forum s’est imposé comme une véritable plateforme stratégique dédiée au renforcement des échanges intra-africains et à l’ouverture de nouvelles perspectives d’investissement.
Dès l’ouverture des travaux, le ton a été donné par la présence de hautes personnalités politiques, diplomatiques et économiques venues de plusieurs pays africains et partenaires internationaux.
Parmi les figures marquantes de cette édition, Mohamedou Youssoufou, invité d’honneur du forum, a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de passer « de la phase des accords à celle de la mise en œuvre concrète », estimant que le continent dispose aujourd’hui de tous les leviers nécessaires pour bâtir une économie intégrée et souveraine.
De son côté, Wamkele Mene a mis en avant l’importance de renforcer le rôle du secteur privé africain afin d’augmenter le volume des échanges commerciaux intra-africains, encore en deçà des potentialités réelles du continent.
Dans le même esprit, la commissaire de l’Union africaine chargée de l’Industrie, du Commerce, du Tourisme et des Mines, Fransesca Tatchouop Belobi, a plaidé pour une intégration industrielle plus poussée et un meilleur interconnexion des marchés africains afin de favoriser la création de chaînes de valeur régionales.
Le forum a également enregistré la participation de ministres et responsables gouvernementaux issus notamment du Ghana, de Tanzanie, du Nigeria, du Soudan et de la République arabe sahraouie démocratique, ainsi que de nombreux ambassadeurs, dirigeants d’agences de promotion de l’investissement, institutions financières, organisations patronales et chefs d’entreprise africains et internationaux.
Au fil des panels, conférences et rencontres professionnelles, un constat s’est imposé : l’AFIC12 est désormais considéré comme l’un des rendez-vous économiques majeurs du continent africain.
Les participants ont souligné son rôle dans la consolidation des partenariats transfrontaliers, la promotion des investissements productifs et l’encouragement du commerce intra-africain dans le cadre de la ZLECAF.
Les débats ont particulièrement mis l’accent sur plusieurs axes stratégiques jugés essentiels pour l’avenir économique de l’Afrique, notamment le développement du tissu industriel continental, la transformation locale des ressources, l’innovation technologique, l’économie numérique, l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, ainsi que la sécurité alimentaire, énergétique et industrielle.
Dans ce contexte, l’Algérie a occupé une place centrale dans les discussions.
Les intervenants ont unanimement salué le rôle croissant joué par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans le soutien aux causes africaines et dans la promotion d’un partenariat continental fondé sur le principe : « L’Afrique pour l’Afrique ».
Les participants ont également mis en avant les efforts déployés par l’Algérie pour renforcer les infrastructures continentales, soutenir la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, encourager les exportations hors hydrocarbures et consolider la position du pays comme passerelle stratégique entre l’Afrique et le reste du monde.L’édition 2026 de l’AFIC a également été marquée par des résultats concrets traduisant la dynamique économique générée par le forum.
Plus de 550 rencontres B2B ont été organisées entre opérateurs économiques et investisseurs, donnant lieu à plus de 70 accords d’intention dans les domaines du commerce et de l’investissement, dont 20 directement au profit de l’Algérie. Par ailleurs, 17 visites de terrain ont permis aux délégations étrangères de découvrir les capacités économiques et industrielles algériennes, tandis que 12 demandes directes d’achat de produits algériens ont été enregistrées, témoignant de l’intérêt croissant des marchés africains pour l’offre nationale.
Au terme des travaux, les participants ont adopté une série de recommandations destinées à accélérer le processus d’intégration économique du continent.
Ils ont notamment appelé à renforcer le financement africain des projets stratégiques, à soutenir la transformation numérique et le commerce électronique, à développer les chaînes de valeur agricoles et industrielles, à promouvoir les partenariats public-privé et à améliorer les réseaux logistiques, de transport et de connectivité entre les États africains.
Une attention particulière a également été accordée à l’accompagnement des jeunes entrepreneurs et des start-up africaines afin de leur permettre d’accéder plus facilement aux marchés continentaux et aux mécanismes de financement.
Dans une ambiance marquée par l’optimisme et la volonté de bâtir une Afrique économiquement forte et intégrée, les participants ont exprimé leur profonde reconnaissance à l’Algérie, peuple et gouvernement, pour la qualité de l’accueil, l’organisation du forum et les conditions ayant permis la réussite de cette manifestation continentale d’envergure.
Ils ont enfin salué les efforts du Centre arabo-africain d’investissement et de développement (CAAID), dont l’action contribue, année après année, à faire de l’AFIC une plateforme économique de référence au service de la coopération africaine et du développement partagé.
À travers cette 12e édition, Alger confirme ainsi son statut de carrefour économique africain incontournable et réaffirme l’ambition de l’Algérie de jouer un rôle moteur dans l’émergence d’une Afrique plus intégrée, plus prospère et pleinement souveraine sur le plan économique.
Par Abed Meghit
