Après plusieurs mois marqués par une pression croissante sur les ressources en eau et par de fortes inquiétudes autour de l’approvisionnement en eau potable, la wilaya de Tipasa connaît aujourd’hui une amélioration remarquable de sa situation hydrique.
Les importantes précipitations enregistrées ces dernières semaines ont profondément transformé les équilibres hydrauliques de la région, offrant un répit attendu aussi bien par les habitants que par les agriculteurs.
Cette évolution positive se manifeste notamment au niveau du barrage de Kef Eddir, situé dans la commune de Damous. Mis en service en novembre 2023, cet ouvrage stratégique vient d’atteindre pour la première fois sa capacité maximale de remplissage, estimée à 125 millions de mètres cubes.
Une performance exceptionnelle qui illustre l’impact direct des fortes pluies tombées récemment sur les reliefs environnants. En l’espace de quelques jours seulement, le volume d’eau stocké dans le barrage est passé d’environ 85 millions à 125 millions de mètres cubes, soit un apport supplémentaire dépassant les 40 millions de mètres cubes.
Face à cette montée rapide des eaux, les services de l’Agence nationale des barrages et transferts ont procédé à des lâchers contrôlés afin de préserver la sécurité de l’infrastructure et de réguler les débits. Cette gestion maîtrisée reflète le niveau de vigilance maintenu autour de cet ouvrage considéré comme un pilier essentiel de l’équilibre hydrique régional.
Sur le terrain, les premiers effets positifs commencent déjà à être ressentis par les populations.
Dans plusieurs communes de l’ouest de Tipasa, longtemps confrontées à des perturbations répétées dans la distribution d’eau potable, la situation tend progressivement à se stabiliser. L’amélioration de l’approvisionnement permet désormais à des milliers de familles de bénéficier d’une alimentation en eau plus régulière, mettant fin à une longue période marquée par les coupures fréquentes et les programmes de rationnement.
Le barrage de Boukourdane, qui symbolisait depuis plusieurs mois les difficultés hydriques de la région, connaît lui aussi une évolution encourageante.
Après avoir atteint un niveau critique estimé à seulement quatre millions de mètres cubes, l’ouvrage enregistre aujourd’hui une remontée significative de ses réserves.
Les dernières données disponibles indiquent un volume avoisinant désormais les 22 millions de mètres cubes.
Bien que ce niveau reste inférieur aux capacités optimales du barrage, il constitue néanmoins un signal rassurant pour les communes dépendantes de cette infrastructure hydraulique stratégique. Au-delà de ces deux barrages, c’est l’ensemble du système hydraulique de la wilaya qui profite de cette embellie climatique.
Le barrage de Kef Eddir s’inscrit dans un vaste réseau de transfert de plus de 180 kilomètres permettant actuellement d’alimenter onze communes de l’ouest de Tipasa tout en assurant l’irrigation de larges superficies agricoles.
Le dispositif repose également sur une importante infrastructure technique comprenant plusieurs stations de pompage, des réservoirs de stockage et une station de traitement permettant d’acheminer l’eau jusque dans les zones rurales et montagneuses, longtemps confrontées à des difficultés d’accès à cette ressource vitale.
Cette amélioration progressive ne signifie toutefois pas la fin des efforts engagés par les pouvoirs publics.
Les autorités poursuivent actuellement plusieurs projets destinés à renforcer durablement la sécurité hydrique de la région et à réduire la dépendance aux conditions climatiques.
Dans ce cadre, la réalisation de dix-sept forages profonds est en cours afin de diversifier les sources d’approvisionnement et d’améliorer la résilience du système hydraulique face aux périodes de sécheresse.
Parallèlement, la future station de dessalement d’eau de mer de Bou Ismaïl, dont la mise en service est prévue prochainement, devrait constituer un apport stratégique majeur pour sécuriser l’alimentation en eau potable, notamment dans la partie est de la wilaya.
Grâce à cette amélioration notable des réserves hydriques, Tipasa amorce aujourd’hui une phase plus sereine.
Même si la vigilance demeure indispensable face aux défis climatiques, les indicateurs actuels offrent des perspectives encourageantes pour la stabilité de l’approvisionnement en eau et pour le développement durable de toute la région.
Abed MEGHIT
