A ce jour, six cas d’hantavirus ont été confirmés parmi huit cas suspects signalés après l’apparition d’un foyer à bord d’un bateau de croisière dans l’Atlantique, a annoncé vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
« Au 8 mai, huit cas au total, dont trois décès (taux de létalité de 38 %), ont été signalés.
Six cas ont été confirmés en laboratoire comme étant des infections à hantavirus, tous identifiés comme étant dus au virus des Andes », connue comme transmissible entre humains, a indiqué l’OMS dans son dernier bulletin épidémiologique, précisant que les deux autres cas sont considérés comme « probables ».
A ce jour, a ajouté l’organisation, quatre patients sont actuellement hospitalisés : « un en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud, deux dans différents hôpitaux aux Pays-Bas et un autre à Zurich, en Suisse ».
L’OMS a précisé que la personne prise en charge à l’hôpital de Düsseldorf (Allemagne) avait été testée négatif et n’est « donc plus considérée comme un cas ».
Hantavirus: possibilité « pratiquement nulle » que le cas zéro néerlandais ait été infecté à Ushuaïa
Les autorités argentines de la Terre de Feu ont qualifié vendredi de « pratiquement nulle » la possibilité que le cas zéro néerlandais, passager du MV Hondius touché par un foyer d’hantavirus, ait été infecté lors d’un séjour de 48 heures à Ushuaïa avant d’embarquer.
« La possibilité de contagion à Ushuaïa est pratiquement nulle », a affirmé Juan Petrina, directeur du service d’épidémiologie de la province de la Terre de feu, lors d’une conférence de presse à Ushuaïa.
« Je ne peux l’affirmer de manière absolue, car il s’agit de biologie, mais c’est ce qui ressort des données qu’on a recueillies » sur le couple néerlandais, son séjour avant d’embarquer le 1er avril, et l’apparition des premiers symptômes en mer dès le 6 avril, a-t-il poursuivi.
En tenant en compte de l’incubation, « les délais ne correspondent pas à une contamination possible à Ushuaïa et à l’apparition des symptômes si peu de temps après, en haute mer », a encore estimé l’épidémiologiste.
M. Petrina a par ailleurs qualifié de « rumeur » l’hypothèse, qui a circulé ces derniers jours dans des médias, de la visite du couple néerlandais « à la décharge ou au dépôt d’ordures » d’Ushuaïa, où aurait pu se produire la contamination, via la présence de rongeurs vecteurs.
« Pour nous, cela reste une rumeur.
Nous n’avons aucune source officielle qui puisse le confirmer », a-t-il assuré.
Le couple de Néerlandais décédé avait effectué un périple sud-américain de quatre mois, notamment pour observer des oiseaux, passant à plusieurs reprises entre Argentine, Chili, Uruguay et de nouveau Argentine à partir du 27 mars, avant d’embarquer à bord du MV Hondius le 1er avril.
Jeudi, le ministère argentin de la Santé avait communiqué qu’il n’était à ce stade « pas possible de confirmer l’origine de la contagion » à l’hantavirus, à l’issue d’une réunion avec les référents sanitaires des 24 provinces du pays.
Hantavirus: le chef de l’OMS aux Canaries pour coordonner l’évacuation des passagers du paquebot
Le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, se rendra samedi aux Canaries pour coordonner l’évacuation des passagers du paquebot touché par l’hantavirus, attendu le lendemain dans l’archipel espagnol, ont indiqué vendredi des sources au sein du ministère de l’Intérieur espagnol.
Il accompagnera les ministres espagnols de la Santé et de l’Intérieur à un poste de commandement situé à Ténérife « afin d’assurer la coordination entre les administrations, le contrôle sanitaire et la mise en oeuvre des protocoles de surveillance et d’intervention prévus », ont précisé ces sources.
Mais le risque d’une propagation d’hantavirus pour la population mondiale est « absolument faible », a tenu à rassurer vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
« Il s’agit d’un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée.
Le risque pour la population en général reste quant à lui extrêmement faible », a déclaré devant la presse à Genève un porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier.
Il a souligné que, dans certains cas, le voisin de cabine d’une personne contaminée ne l’a pas été.
« Ce n’est pas du tout comme la rougeole, par exemple: si vous êtes ici dans la salle de presse et que quelqu’un à l’avant tousse, les premiers rangs ne seraient pas en danger.
Un contact étroit signifie qu’il faut pratiquement être nez à nez (…) Ce n’est pas un nouveau Covid », a-t-il insisté.
Le MV Hondius, du croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, est parti le 1er avril d’Ushuaïa, en Argentine.
« La possibilité de contagion à Ushuaïa est pratiquement nulle », a affirmé vendredi Juan Petrina, un responsable sanitaire de la province de la Terre de feu, lors d’une conférence de presse.
Le bateau fait actuellement route vers l’île espagnole de Tenerife, aux Canaries, où il est attendu dimanche.
Le débarquement des passagers devra avoir lieu entre dimanche midi et lundi, « seule fenêtre » possible en raison de la météo, a souligné un responsable du gouvernement régional des Canaries.
Le navire fait l’objet d’une alerte sanitaire internationale depuis le week-end dernier, lorsque l’OMS a été informée de la mort de trois passagers dont la cause suspectée était l’hantavirus.
