La ville de Saïda a vécu, mercredi soir, l’un des moments culturels les plus marquants de cette saison artistique avec la clôture officielle de la neuvième édition du Festival national de Saïda de la littérature et du cinéma de la femme, organisée au Théâtre régional Sirat Boumediene dans une atmosphère mêlant émotion, célébration et reconnaissance du talent créatif féminin.
Durant plusieurs jours, cette manifestation culturelle a transformé la ville en un espace d’échanges intellectuels et artistiques où se sont croisés écrivains, réalisateurs, scénaristes, universitaires, artistes et passionnés de culture venus partager leurs expériences et présenter des œuvres reflétant la richesse de la scène culturelle contemporaine.
La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence des autorités locales, à leur tête le wali de Saïda, ainsi que de nombreuses personnalités du monde culturel, cinématographique et médiatique.
Le public, particulièrement nombreux, a accompagné avec enthousiasme les différentes séquences de cette soirée qui a consacré des créations artistiques ayant marqué cette édition par leur qualité esthétique et leur profondeur humaine.
Au fil des années, le Festival national de Saïda de la littérature et du cinéma de la femme s’est imposé comme l’un des rendez-vous culturels les plus importants dédiés à la promotion de la création féminine en Algérie.
Cette 9ème édition a confirmé cette dynamique à travers une programmation dense et variée, articulée autour de projections cinématographiques, de rencontres littéraires, de master class, de conférences intellectuelles et de débats consacrés aux enjeux artistiques et culturels liés à la place de la femme dans les domaines de la littérature et du cinéma.
Les différentes compétitions organisées dans le cadre du festival ont mis en lumière des œuvres originales et audacieuses qui témoignent de l’émergence d’une génération de créateurs capables de porter un regard sensible et innovant sur les réalités humaines et sociales.
Les jurys ont souligné la qualité des productions en compétition ainsi que la maturité artistique des participants, dont les œuvres ont su conjuguer profondeur du propos, maîtrise technique et richesse esthétique. Dans la catégorie du roman, la distinction suprême est revenue à la romancière Amira Fatna Mahsar pour son œuvre Wari Ezzinad, saluée pour la puissance de son écriture et l’originalité de sa construction narrative.
Le jury a particulièrement apprécié la force littéraire de cette œuvre, portée par une vision créative singulière et une capacité remarquable à explorer les dimensions humaines et émotionnelles à travers une écriture dense et captivante.
Dans le domaine de l’écriture cinématographique, la bourse Zermani du scénario a été attribuée à Nousnouss B pour son scénario Ch’hal Men Mouzar, distingué pour son approche artistique et la qualité de son traitement dramaturgique.
La deuxième récompense de cette catégorie, décernée par le jury, est revenue à Inès Issiakhem pour le scénario Mezali, une œuvre jugée prometteuse grâce à son écriture maîtrisée et à la pertinence de son univers narratif.
Le volet cinématographique a également constitué l’un des temps forts de cette édition.
Dans la compétition des courts métrages de fiction, le film Nia de la réalisatrice Imane Ayadi a remporté le Kholkhal d’or du meilleur court métrage, une distinction qui récompense un travail cinématographique salué pour sa sensibilité artistique, la qualité de sa mise en scène et la profondeur de son message humain.
Le jury a par ailleurs attribué une mention spéciale au film Collateral du réalisateur Yazid Itou, mettant en avant l’originalité de sa proposition visuelle et la singularité de son approche cinématographique.
Dans la catégorie des longs métrages, le Kholkhal d’or du meilleur film a été décerné au film Boubia du réalisateur Yacine Bouaziz, une œuvre qui a marqué les spectateurs et les membres du jury par la qualité de sa narration et la maîtrise de son langage cinématographique.
Une mention spéciale a également été attribuée au film Les Tempêtes de la réalisatrice Denia Raymond Bouguinot, distingué pour sa sensibilité esthétique et la profondeur de son regard artistique.
Dans son allocution de clôture, la commissaire du festival a souligné que cette édition avait constitué un véritable espace de dialogue culturel et d’ouverture sur les expériences artistiques internationales, notamment grâce à la participation d’invités venus d’Espagne, de Palestine et de Tunisie.
Elle a insisté sur la richesse des échanges intellectuels et artistiques qui ont marqué cette édition, estimant que le festival contribue aujourd’hui à renforcer les passerelles entre les cultures et à promouvoir les créations féminines dans différents domaines artistiques.
Elle a également exprimé sa gratitude envers le ministère de la Culture et des Arts, les autorités locales de la wilaya de Saïda, les partenaires, les invités, les médias et le public ayant largement contribué au succès de cette édition.
Selon elle, cette manifestation culturelle continue de porter une ambition artistique et intellectuelle forte, fondée sur la valorisation des talents émergents et l’encouragement des expériences créatives capables d’enrichir la scène culturelle nationale.
La soirée s’est achevée dans une ambiance chaleureuse et profondément émouvante, ponctuée par des moments de reconnaissance, de célébration et d’hommage aux artistes et créateurs ayant donné à cette édition son éclat particulier.
À travers cette nouvelle réussite, Festival national de Saïda de la littérature et du cinéma de la femme confirme son statut de rendez-vous culturel incontournable et renforce davantage la place de Saïda comme carrefour de la création artistique, de la réflexion intellectuelle et du rayonnement culturel en Algérie.
Par Abed Meghit
