Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a souligné, jeudi à Sétif, que le traitement du dossier de la mémoire nationale » est aujourd’hui fondé sur la vision adoptée par l’Etat et qui allie sacralité de l’histoire et responsabilité de forger une conscience nationale servant le présent et balisant l’avenir ».
Le ministre, présidant une cérémonie organisée à la maison de la culture Houari-Boumediene en commémoration de la journée nationale de la mémoire et du 81e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, a ajouté, dans un discours prononcé à cette occasion, que le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a » tracé pour ce dossier vital un cheminement scientifique aux dimensions claires, en veillant à confier l’expertise aux historiens et aux chercheurs, loin des tiraillements, afin que la vérité historique soit la seule référence, conformément à l’engagement national de restaurer et de préserver la confiance morale de la nation. »
Dans cette optique, a-t-il ajouté, » le président de la République a fait peser sur l’élite académique la lourde responsabilité d’explorer les profondeurs du passé avec les outils de la recherche scientifique et une méthode objective qui recherche la vérité pure », soulignant que « l’exploration de la mémoire est un acte de justice et de mérite, et le pilier idéal pour établir un avenir où les droits sont protégés par le pouvoir de la vérité historique ».
Il a également indiqué que « les massacres commis le 8 mai 1945 par le colonisateur français contre le peuple algérien sans défense, à Sétif, Guelma et Kherrata (Béjaïa), ont marqué notre pays de l’insigne honneur du sacrifice, lorsque le peuple algérien est sorti ce jour-là, les poitrines nues et les mains vides, portant ses aspirations légitimes à la liberté et à la dignité, convaincu que la nuit du colonialisme se dissiperait et que l’aube de l’indépendance émergerait de la souffrance ».
Pour M. Tacherift, « la lecture attentive des événements et des massacres du 8 mai 1945 dépasse la simple restitution de la douleur pour en tirer des leçons et des enseignements ».
Ce fut une étape marquant le début d’un soulèvement national massif, unifiant les rangs et mobilisant les esprits, et constituant la force motrice vers le déclenchement de la Révolution du 1er novembre 1954, qui a abouti à la restauration de la souveraineté nationale.
Il a ajouté, dans le même contexte, que » l’indépendance de l’Algérie est le fruit d’une accumulation de sacrifices dictés par le désir ardent de construire une patrie souveraine, solide contre toutes formes de sous-estimation de nos valeurs, et accordant une grande attention à la mémoire nationale, afin que les sacrifices et l’héroïsme des aïeux restent le phare qui nous guide alors que nous traçons notre chemin dans une Algérie victorieuse et à l’avenir prometteur ».
Au cours de cette cérémonie, le ministre a assisté à des chants patriotiques interprétés par la chorale de la direction de wilaya de la protection civile, et suivi deux conférences historiques sur les massacres du 8 mai 1945 animées par deux professeurs de l’université Mohamed-Lamine Debaghine (Sétif 2), et initiées par la direction des Moudjahidine et la Fondation du 8-Mai 1945, avant de superviser la » retraite au flambeau » des louveteaux des Scouts musulmans algériens (SMA).
Le ministre des Moudjahidines et des Ayants droit poursuivra, vendredi, sa visite dans la wilaya de Sétif, en supervisant de nombreuses activités organisées à l’occasion de la Journée nationale de la mémoire.
Il se recueillera, notamment, à la mémoire des Martyrs au cimetière Sidi-Saïd de Sétif, pour se rendre ensuite au jardin adjacent où de jeunes scouts peindront une fresque dédiée à cette date anniversaire, avant de participer à la Marche de la fidélité qui reprendra le même parcours qu’il y a 81 ans, depuis la mosquée Abou Dhar El Ghafari jusqu’à la stèle érigée, au centre-ville, à la mémoire de Saâl Bouzid, premier Martyr des massacres du 8 mai 1945.
Pour rappel, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune avait décrété, en 2020, le 8 mai de chaque année « Journée nationale de la Mémoire », afin que nul n’oublie ces massacres qui ont » mis à nu, définitivement, le véritable visage de la colonisation française ».
