Une conférence sur « les sacrifices et la résistance du peuple algérien contre le colonialisme français de 1830 à 1962 à travers les archives » a été organisée jeudi par le Centre des archives nationales, à l’occasion de la commémoration du 81e anniversaire des massacres du 8 mai 1945.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, le directeur de la coopération et des activités à la Direction générale des archives nationales, Mohamed Chérif Ramdani a considéré que la commémoration de ces massacres constituait « un engagement envers l’histoire et une fidélité au message des chouhada qui se sont sacrifiés pour que l’Algérie demeure fière et souveraine ».
Il a souligné que ces massacres, ainsi que les autres crimes du colonialisme français contre le peuple algérien, resteront « un témoignage de la barbarie coloniale contre le peuple algérien et contre l’humanité tout entière ».
M. Ramdani a affirmé que la mémoire nationale constitue « un pilier fondamental » dans la construction de l’identité nationale, précisant que les archives représentent « la référence dans l’écriture de l’histoire nationale et une arme pour faire face aux tentatives d’effacement ou de falsification ».
Il a également indiqué que, face aux mutations numériques actuelles, il incombe à l’archiviste « la responsabilité de s’élever au niveau des exigences de la mondialisation à travers la valorisation du patrimoine archivistique ».
Dans ce contexte, l’intervenant a évoqué les efforts de l’Etat visant à développer le système des archives, moderniser ses moyens et le mettre à la disposition des chercheurs et des personnes intéressées, en tant que « réceptacle documentant les faits et référence pour l’écriture de l’histoire ».
De son côté, le Directeur du Centre des archives nationales, Mustapha Belkacem a souligné que ces massacres « atroces et inhumains » commis par le colonisateur à l’encontre du peuple algérien civil, ont constitué une « étape charnière dans l’éveil de la conscience collective, en vue de se libérer des chaînes du colonialisme et d’ouvrir la voie au recouvrement de la liberté ».
Il a, par ailleurs, fait savoir que son institution œuvre, à l’instar des autres institutions de l’Etat, à « collecter et préserver le patrimoine historique documentant les crimes coloniaux commis entre 1830 et 1962 ».
Abondant dans le même sens, l’enseignant à l’université Yahia-Fares de Médéa, Mouloud Grine est revenu sur « les massacres du 8 mai 1945 entre mémoire et discours colonial » », les qualifiant d »’événement crucial ».
De son côté, l’enseignant à l’Institut des sciences des bibliothèques et de la documentation de l’université Alger 2, Achour Sellal a mis en avant, dans son intervention intitulée « ‘Les massacres du 8 mai 1945 et la construction de la mémoire nationale : le rôle des archives et les défis de la numérisation », le rôle des archives dans la documentation de ces événements et la reconstitution de leurs significations à travers le temps, ainsi que la manière dont les documents archivistiques contribuent à la production d’une mémoire collective fondée sur des sources fiables et crédibles.
