L’amélioration de l’environnement professionnel et la prise en charge des risques psychosociaux constituent des conditions sine qua non pour garantir la qualité du service et la productivité économique, ont affirmé, lundi à Tizi Ouzou, des experts et praticiens lors d’une journée d’étude sur la santé au travail.
Intervenant à cette rencontre placée sous le thème « Agissons pour un environnement de travail psychosocial sain » organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, la cheffe du service de Médecine du travail du CHU Nedir Mohamed, Pr. Amal Arib-Mezdad, a souligné le lien entre le bien-être du travailleur et la performance de l’institution.
Un travailleur en situation de mal-être moral ou physique ne peut pas être productif. Les erreurs générées par le stress ou l’épuisement impactent directement la qualité du service et représentent un coût économique majeur pour l’entreprise, en plus de l’absentéisme qui impacte aussi la productivité, a-t-elle noté.
Dr. Souhila Seklaoui, qui a abordé le « stress chronique en milieu professionnel », a observé que ce mal peut conduire à un Burn-out et à d’autres troubles mentaux. Le stress chronique, a-t-elle ajouté, impacte aussi la productivité en entraînant des erreurs fréquentes, une baisse du rendement et de la qualité du travail, entre-autres.
Concernant la santé mentale des travailleurs, les statistiques présentées par Pr. Arib, obtenues auprès de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) de Tizi-Ouzou et couvrant ces 10 dernières années, font état que sur 13 cas ayant présenté des problèmes de santé mentale, 11 ont présenté un Burn-out, un de troubles anxieux et un une dépression.
Sur un autre volet, le Pr. Djamila Kadi, qui a abordé les troubles musculosquelettiques en milieu professionnel, a insisté sur la nécessité de normaliser les structures. Les risques ne sont pas seulement psychologiques, mais aussi biomécaniques, entraînant des pathologies fréquentes comme le syndrome du canal carpien, l’épicondylite, les tendinopathies, les lombalgies et les cervicalgies liées aux mauvaises postures, a-t-elle dit.
A ce titre, le Pr Kadi a insisté sur l’ergonomie de correction, rappelant qu’un environnement matériel adapté prévient l’usure professionnelle et booste le rendement quotidien.
Pour remédier à cela, les intervenants préconisent une prévention primaire agissant sur l’environnement de travail par, entre autres, la reconnaissance des efforts et la valorisation du travailleur, ainsi qu’une prévention secondaire basée sur le dépistage des signaux précoces, comme l’irritabilité ou les troubles du sommeil.
Pour les experts, investir dans un environnement de travail psychosocial sain n’est plus une option sociale, mais une nécessité stratégique pour garantir la qualité du service offert et la performance économique.
A noter que cette journée, a été organisée conjointement par la faculté de médecine de l’université Mouloud Mammeri et le service de médecine du travail du CHU Nedir Mohamed.
Environnement Tizi-Ouzou : l’amélioration de l’environnement professionnel, un levier pour la qualité du service et la productivité
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