Face à une problématique hydraulique complexe et persistante, la wilaya d’Oran engage une dynamique structurée pour contenir le phénomène de remontée des eaux souterraines et préserver ses infrastructures sensibles. Avec un réseau souterrain s’étendant sur plus de 84 kilomètres et traversé par plusieurs ravins susceptibles de s’activer lors des fortes pluies, la ville fait face à un défi technique de grande ampleur. Dans cette optique, une enveloppe financière de 50 millions de dinars a été mobilisée pour sécuriser un site stratégique, à savoir l’Hôtel des Finances, choisi comme zone pilote pour le traitement des points noirs liés à ce phénomène. Cette initiative s’inscrit dans une démarche progressive visant à identifier des solutions durables et à renforcer la résilience des infrastructures urbaines. La création, en avril 2025, d’une unité spécialisée baptisée « Ovoïde » constitue une avancée notable dans la gestion de cette problématique. Cette structure dédiée au curage des conduites souterraines intervient pour améliorer la circulation des eaux d’assainissement et pluviales, limitant ainsi les risques de débordement en surface, notamment lors des épisodes de fortes précipitations. Les spécialistes du secteur soulignent que l’un des principaux défis réside dans la capacité des réseaux existants à absorber des volumes d’eau de plus en plus importants. Les travaux engagés visent ainsi à renforcer ces infrastructures tout en assurant leur entretien régulier, condition essentielle pour prévenir les remontées d’eau jusqu’aux trottoirs et aux habitations. Une étude approfondie est actuellement en cours afin d’évaluer l’impact des eaux provenant de plusieurs ravins majeurs convergeant vers la ville. Cette approche scientifique permettra d’adapter les solutions techniques aux réalités du terrain et d’optimiser les interventions à venir.
Consciente de l’ampleur de la tâche, la wilaya a également sollicité une enveloppe complémentaire de 3,5 milliards de dinars pour les exercices 2026 et 2027. Ces ressources permettront de poursuivre les opérations de curage, y compris dans les conduites situées à plus de 15 mètres de profondeur, dont l’accès et le traitement nécessitent des moyens techniques spécifiques. Par ailleurs, les autorités locales insistent sur la nécessité d’une gestion continue et intégrée de ces infrastructures. Les opérations de vidange et de débouchage, régulièrement menées dans certains quartiers du centre-ville, témoignent de l’attention portée à la préservation du cadre de vie des citoyens. À l’approche de la saison estivale, marquée par une intensification de certains déséquilibres sanitaires, ces actions prennent une dimension supplémentaire. Elles contribuent non seulement à améliorer les conditions urbaines, mais également à prévenir les risques liés à la stagnation des eaux, notamment en matière de santé publique.
Ainsi, Oran s’inscrit dans une démarche proactive et durable, visant à transformer une contrainte structurelle en opportunité d’amélioration et de modernisation de ses infrastructures hydrauliques.
Abed MEGHIT
