CEO Survey Algeria 2026 : L’Algérie en passe de consolider sa souveraineté économique à travers la diversification du financement, la valorisation des ressources et la transformation numérique (responsables et experts)

dknews
9 Min Read

Des ministres, des responsables d’entreprises et des experts ont affirmé, mardi à Alger, lors de la deuxième édition de l’enquête des dirigeants d’entreprises en Algérie (CEO Survey Algeria 2026), que l’Algérie était en passe d’asseoir une souveraineté économique globale fondée sur la valorisation des ressources nationales, la diversification des sources de financement et l’accélération du rythme de la transformation numérique.

Ces déclarations ont été faites lors de panels organisés au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal par le cabinet PwC, dans le cadre de la présentation des résultats de l’enquête « PwC CEO Survey », en collaboration avec le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), en présence de membres du gouvernement, de responsables d’organismes et d’entreprises ainsi que d’experts économiques.
Dans ce contexte, le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a souligné l’importance de la diversification des sources de financement de l’économie nationale, à travers le développement du marché des valeurs et la modernisation du système financier, relevant que la généralisation de la numérisation dans les secteurs des impôts et des douanes permet de renforcer la transparence et d’intégrer les ressources dans les circuits officiels, outre l’engouement pour les obligations souveraines conformes à la charia en tant qu’outils de financement alternatifs.
Pour sa part, le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, a fait observer que la stratégie nationale de transition énergétique « vise à renforcer la souveraineté énergétique à travers l’augmentation de la part des énergies renouvelables et le développement de grands projets, avec un accent particulier sur la localisation de l’industrie y afférente », ajoutant que le gouvernement oeuvre à l’activation du dossier de maîtrise de l’énergie et à l’élaboration d’une nouvelle stratégie d’efficacité de la consommation, accompagnées d’opérations d’audit énergétique globale, dans le cadre d’un plan visant la décarbonation du mix énergétique et l’amélioration de l’efficacité de la production, de la consommation et du recyclage. Dans le secteur des hydrocarbures, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a affirmé que le lancement de l’appel « Algeria Bid Round 2026 » reflète l’engagement de l’Algérie à offrir un climat d’investissement transparent et stable, soutenu par un cadre juridique flexible et des procédures simplifiées basées sur la numérisation.

Pour sa part, le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, a souligné que le développement du secteur minier constitue un pilier pour assurer la sécurité alimentaire et industrielle, évoquant de grands projets structurants tels que le phosphate intégré et Gara Djebilet, ce qui reflète l’orientation vers le passage de l’exportation des matières brutes à leur valorisation locale.
Dans le secteur de l’industrie pharmaceutique, le ministre Ouacim Kouidri a précisé que l’Algérie a atteint un taux de couverture de 83% de ses besoins en médicaments, tout en visant à renforcer la recherche et l’innovation et à élargir les capacités d’exportation, notamment vers les marchés africains.
De son côté, la ministre, Haut-commissaire à la numérisation, Meriem Benmouloud, a présenté les avancées de l’Algérie dans l’édification d’un modèle numérique souverain, à travers l’achèvement des cadres législatif et technique, et le passage vers une phase de gouvernance numérique et de localisation de l’innovation, soutenant ainsi une économie numérique compétitive.
Dans le même contexte, le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a indiqué que les résultats de l’enquête reflètent un niveau de confiance positif dans les réformes économiques, précisant que 53% des projets enregistrés sont en cours de réalisation, tandis que plus de 1.400 projets sont déjà entrés en production.

Le président du CREA, Kamel Moula, a fait observer que la dynamique économique actuelle reflète l’efficacité des réformes engagées, lesquelles ont permis la création d’un tissu de sous-traitance autour des grands projets. Il a appelé, à ce titre, à renforcer la confiance, à développer le système logistique et à améliorer la compétitivité, tout en adoptant une vision stratégique s’inscrivant au-delà de l’horizon 2030.
Pour sa part, le PDG de Tosyali Algérie, Alp Topcuoglu, a relevé que l’Algérie s’apprête à entrer dans une nouvelle phase industrielle à partir de septembre prochain, à travers la production et l’exportation d’aciers de haute qualité. Il a indiqué que la transition du pays d’un statut d’importateur à un pôle régional, grâce aux projets structurants, en particulier le projet de mine de Gara Djebilet (Tindouf), permettra la production d’environ 4 millions de tonnes de fer destinées à la valorisation locale.
De son côté, le directeur associé au cabinet PwC, Karim Sassi, a salué la dynamique économique que connait l’Algérie, estimant qu’elle repose sur des réformes profondes et des projets structurants ayant doté l’économie nationale d’une meilleure capacité de résilience face aux fluctuations géopolitiques.
Quant à l’expert minier international, Marcel Genet, il a considéré que les ressources énergétiques et minières dont dispose l’Algérie lui confèrent des atouts lui permettant de jouer un rôle de premier plan dans l’industrie minière à l’échelle mondiale, soulignant que le principal défi réside dans l’exploitation des technologies pour valoriser ces ressources et réduire la dépendance aux importations.

Les opérateurs économiques nationaux confiants quant aux perspectives de croissance de l’économie algérienne (enquête)

Les opérateurs économiques algériens se sont montrés confiants quant à la croissance de l’économie nationale et aux perspectives de leurs entreprises, ce qui constitue un indicateur fort de la résilience de l’économie algérienne, selon une enquête dont les résultats ont été présentés mardi à Alger, lors d’une rencontre ayant réuni des membres du gouvernement, des responsables d’institutions et d’entreprises, ainsi que d’experts et d’acteurs économiques.

Cette enquête « CEO Survey » révèle que 83% des chefs d’entreprises algériens s’attendent à une amélioration de la performance de l’économie nationale au cours des 12 prochains mois, contre une moyenne mondiale de 61%, « reflétant un niveau d’optimisme supérieur à la moyenne internationale avec un écart significatif ».

Le sondage, qui a concerné dans sa version mondiale 4.500 chefs d’entreprises à travers 105 pays, montre également que 90% des chefs d’entreprises affichent une grande confiance dans les perspectives de leurs entreprises. Cet optimisme repose, selon l’étude, sur des données concrètes telles que les carnets de commandes, les plans d’investissement et les projets en cours de réalisation.

Dans ce sillage, les résultats indiquent aussi une baisse du niveau d’inquiétude liée aux risques géopolitiques, seuls 39% des chefs d’entreprises algériens les considérant comme une menace majeure, contre des niveaux plus élevés à l’échelle africaine et mondiale.

Par ailleurs, 43% de chefs d’entreprises prévoient de maintenir ou d’augmenter leurs investissements majeurs malgré un contexte international instable, ce qui témoigne de la résilience du tissu économique national.

A cet effet, 47% des participants ont considéré que l’innovation constitue un levier essentiel de leurs stratégies, avec une propension à prendre des risques qui y sont associés, supérieure aux moyennes mondiales.

Concernant les stratégies adoptées, 50% des sondés ont affirmé placer la cybersécurité et la souveraineté technologique au coeur de leurs priorités.

Ces indicateurs reflètent, selon la présentation faite lors de cette session, un changement de comportement chez les dirigeants économiques vers l’adoption d’une approche fondée sur l’initiative et l’investissement, plutôt que sur la prudence et l’attentisme, dans un contexte international marqué par l’incertitude.

Les résultats du sondage ont conclu que l’économie algérienne connaît une dynamique croissante, portée par la confiance des opérateurs économiques et leur capacité à s’adapter aux transformations, renforçant ainsi le processus de réalisation du développement durable.

Par ailleurs, les travaux de cette session se sont articulés autour de quatre axes principaux portant sur l’énergie et les mines, la souveraineté numérique, la souveraineté sanitaire et le climat de l’investissement, permettant des débats approfondis sur les enjeux de développement et de renforcement de la compétitivité.

Share This Article
Leave a Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *