ÉDITORIAL DKNEWS DU JOUR :  Stage de formation qui interpelle sur les exigences de transparence et d’équité dans la gestion du secteur de la jeunesse

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Un programme de formation destiné à renforcer les capacités d’encadrement des jeunes se retrouve aujourd’hui au centre d’un débat révélateur d’enjeux bien plus profonds. Le stage de formation des animateurs de colonies de vacances et de loisirs (CVL) de deuxième degré, conçu comme un outil stratégique pour préparer les encadreurs des activités estivales, s’inscrit désormais dans une dynamique où se croisent interrogations, perceptions et attentes en matière de gouvernance. Ce qui, au départ, relevait d’un processus administratif classique  » organiser une session, désigner un directeur, mobiliser une équipe pédagogique  » a progressivement laissé place à une lecture plus complexe de la situation. Des acteurs du secteur évoquent, avec prudence, des interventions extérieures dans un processus qui, en principe, relève des prérogatives locales. Une perception qui, qu’elle soit fondée ou amplifiée par le contexte, suffit à installer un climat de doute et à fragiliser la confiance. La question de la désignation du directeur de stage cristallise ainsi les débats. Dans une wilaya où les compétences locales sont reconnues et où certains cadres cumulent des décennies d’expérience dans la formation des animateurs, le recours éventuel à des profils extérieurs suscite des interrogations légitimes. Ces parcours, souvent entamés depuis les années 1980, témoignent d’un engagement constant dans la transmission du savoir et l’encadrement de la jeunesse. Leur remise en question, lorsqu’elle n’est pas clairement expliquée, peut être perçue comme une source d’incompréhension. Parallèlement, des divergences d’appréciation concernant les qualifications de certains encadreurs viennent alimenter le débat. Si la vérification des diplômes et des compétences demeure une exigence incontournable, son application dans un climat marqué par le manque de communication peut être interprétée comme une remise en cause personnelle. Dans ce type de contexte, la perception devient un facteur déterminant, parfois plus influent que les faits eux-mêmes. Un autre élément vient renforcer les interrogations. Une rencontre de formation des formateurs, organisée à Mostaganem du 15 au 18 avril 2026, à laquelle ont pris part plusieurs cadres du secteur, aurait été, selon certaines sources, considérée comme non reconnue officiellement. Une telle situation interroge sur les critères de validation des formations et sur la cohérence des décisions prises au niveau institutionnel. Face à ces zones d’ombre, le cadre réglementaire apparaît pourtant clair. L’arrêté du 28 janvier 2002 définit avec précision les modalités d’organisation des formations des directeurs, gestionnaires et animateurs de CVL. Il stipule notamment que la désignation des formateurs relève d’une décision ministérielle, sur proposition des directions locales, et que le directeur de stage est nommé par le directeur de la jeunesse et des sports de la wilaya organisatrice parmi les titulaires des qualifications requises. Ces dispositions constituent un socle essentiel pour garantir l’équité et la transparence.

Dans ce contexte, certains acteurs évoquent des pratiques perçues comme orientant les choix vers des profils extérieurs, ce qui alimente un sentiment de marginalisation parmi certains cadres et compétences locales, et incitent à réclamer davantage de transparence et d’équité dans la gestion de ce type de programmes. Ces perceptions traduisent un besoin réel de clarification et de dialogue. Les répercussions de cette situation ne se limitent pas aux encadreurs. Du côté des stagiaires, des inquiétudes émergent également. Certains évoquent, avec réserve, la possibilité de réactions si leurs attentes ne sont pas prises en compte, soulignant ainsi l’importance d’un climat apaisé pour assurer le bon déroulement du stage. Au-delà des tensions conjoncturelles, ce qui se joue à Tissemsilt constitue un véritable test de crédibilité pour la gouvernance du secteur de la jeunesse. La réussite d’un programme de formation ne dépend pas uniquement de la qualité de son contenu, mais aussi de la confiance qu’il inspire à l’ensemble des acteurs impliqués. Dans cette perspective, la transparence s’impose comme une exigence incontournable. Clarifier les décisions, valoriser les compétences locales, respecter les cadres réglementaires et instaurer un dialogue constructif sont autant de leviers essentiels pour restaurer la confiance et garantir la réussite de ces initiatives. Car, au final, l’enjeu dépasse le cadre d’un simple stage. Il s’agit de préserver la crédibilité des institutions et de répondre aux attentes d’une jeunesse qui aspire à un encadrement de qualité, fondé sur l’équité, la compétence et le respect des règles établies.

Abed MEGHIT 

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