Bataille du Djebel Ksel : la wilaya d’El Bayadh commémore l’une des épopées héroïques face au colonialisme français

dknews
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La wilaya d’El-Bayadh a commémoré la bataille de Djebel Ksel, qui s’est déroulée les 17 et 18 avril 1958, et qui constitue l’une des épopées héroïques au cours desquelles les moudjahidine de l’Armée de libération nationale ont infligé une leçon au colonialisme français en matière de sacrifice et de lutte pour la patrie.
Cette bataille a débuté après le déplacement de deux compagnies (Katibate) de l’Armée de libération nationale (ALN), dirigées par les héros Didani Ahmed, dit « Lazreg », et Guettaf Ahmed, depuis El-Khenigat à l’Est de la commune d’El Ghassoul vers la région d’Aïn El-Djedida, près de la route reliant El-Bayadh à Boualem, où se trouvaient les forces ennemies.
A leur arrivée à Aïn El-Djedida, l’armée ennemie s’était retirée vers l’Est, en direction des environs d’Aflou. Les deux katibate de l’ALN se sont alors déplacées vers Djebel Ksel pour s’y positionner pendant quelques jours, en attendant de nouveaux ordres, ont indiqué les responsables du service du patrimoine historique et culturel de la direction des Moudjahidine et des Ayants-droits.
Le colonisateur avait auparavant évacué le village de Stiten, proche du Djebel Ksel, de ses habitants, en juillet 1957, et les avait regroupés dans des camps, dans le but d’empêcher l’Armée de libération nationale de communiquer avec eux et de la priver de sa base populaire pour le ravitaillement. L’armée française surveillait alors le village, pensant que les moudjahidine l’utilisaient la nuit pour se reposer ou y passer la nuit.
Dans la soirée du 17 avril 1958, certains Moussebel descendirent de la montagne en mission. Lorsqu’ils aperçurent un convoi de l’armée ennemie installé dans le village, ils retournèrent rapidement informer le commandement des moudjahidine. La compagnie dirigée par le héros Guettaf Ahmed se déplaça alors avec rapidité, encercla les soldats français positionnés sur la place du village et les surprit par une attaque armée, causant plusieurs morts et blessés parmi les forces d’occupation, tandis que les survivants prirent la fuite avec leur matériel.
Les forces coloniales commencèrent alors à bombarder les positions des combattants à l’aide de chars. Après cette attaque, la compagnie regagna Djebel Ksel à la tombée de la nuit. Le commandement des moudjahidine se réunit pour analyser la situation et décida de rester sur la montagne et de se préparer à une bataille imminente.
Un emplacement au centre du massif, appelé Kef Zâatout, fut choisi pour le regroupement des forces en prévision de l’affrontement attendu le lendemain, les combattants étant convaincus que les forces coloniales reviendraient le 18 avril pour venger leurs pertes subies à Stiten.
A la veille de la bataille, les forces de l’ALN se composaient de deux compagnies équipées de mitrailleuses lourdes et de fusils, tandis que l’ennemi mobilisait d’importants effectifs et un arsenal conséquent, entamant l’encerclement de la montagne, dès les premières heures du jour.
Vers six heures du matin, les forces françaises commencèrent à pilonner les positions des moudjahidine à l’aide de mortiers installés dans le village d’El Haoud, limitrophe de Djebel Ksel. L’aviation intervint également pour bombarder la zone, facilitant ainsi l’avancée des troupes au sol.
Après l’arrêt des bombardements, les soldats français avancèrent et attaquèrent les positions des moudjahidine, qui n’ouvrirent le feu qu’à courte distance, infligeant de lourdes pertes à l’ennemi. Les avions reprirent ensuite les bombardements, et les combats se poursuivirent toute la journée.
Malgré les tentatives répétées des forces coloniales pour progresser, les moudjahidine résistèrent avec détermination. En dépit du siège imposé, ils parvinrent à se replier vers d’autres positions, après avoir infligé de lourdes pertes à l’ennemi, estimées à 75 morts, en plus de nombreux blessés et de la destruction de plusieurs véhicules militaires.
A l’occasion de la commémoration de cet événement historique, un nouvel ouvrage intitulé « La voix d’un moudjahid des montagnes du Sud oranais », réalisé par le journaliste Khalil Beneddine, sera présenté. Ce livre retrace le parcours de lutte du moudjahid Mohamed Khalil et met en lumière plusieurs étapes importantes de la Révolution dans la région, notamment la bataille de djebel Ksel, considérée comme l’une des plus marquantes dans la mémoire collective, à laquelle Mohamed Khalil avait participé avec ses compagnons de lutte.

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