Dans le sud profond de l’Algérie, la ville de In Guezzam a accueilli un séminaire d’envergure consacré au rôle des zaouïas dans la préservation du référent religieux national et le renforcement de la cohésion sociale.
Placée sous l’égide du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, cette rencontre a réuni un large éventail de choyoukh, d’oulémas, de chercheurs et de représentants d’institutions religieuses, venus débattre des enjeux liés à la transmission des valeurs spirituelles dans un contexte en mutation.
Au cœur des discussions, la contribution historique de la Tariqa Kadiria Kountia a été particulièrement mise en lumière.
Cette confrérie, profondément enracinée dans le tissu social algérien, est reconnue pour son rôle déterminant dans la diffusion d’un islam du juste milieu, fondé sur la modération, la tolérance et le rejet des extrémismes.
Les intervenants ont souligné que cette approche constitue un socle essentiel pour préserver l’unité nationale et consolider les valeurs de vivre-ensemble.
Les travaux du séminaire ont permis d’explorer plusieurs dimensions du rôle des zaouïas, notamment leur fonction éducative et leur capacité à encadrer les communautés à travers un discours religieux équilibré et adapté aux réalités contemporaines.
À travers leurs enseignements et leurs activités, ces institutions contribuent à renforcer le lien social, à prévenir les dérives idéologiques et à promouvoir une culture de paix et de solidarité.
Les échanges ont également porté sur le rôle des zaouïas dans la médiation sociale et le règlement des conflits.
Dans de nombreuses régions, ces structures jouent un rôle d’intermédiaire respecté, facilitant le dialogue et favorisant la réconciliation entre les parties en conflit.
Cette dimension, souvent méconnue, a été présentée comme un atout majeur dans la consolidation de la stabilité sociale, en particulier dans les zones éloignées.
Par ailleurs, les participants ont abordé les défis intellectuels et sociaux auxquels fait face le discours religieux aujourd’hui.
Dans un monde marqué par la circulation rapide de l’information et l’émergence de nouvelles formes d’influence, il apparaît nécessaire d’adapter les méthodes de transmission des savoirs religieux afin de toucher efficacement les jeunes générations.
À cet égard, l’importance de la formation des imams et des encadreurs religieux a été largement soulignée.
Le séminaire a également constitué un espace d’échange d’expériences entre chercheurs et praticiens, permettant de croiser les approches et de dégager des pistes d’action communes.
Cette dynamique collaborative a mis en évidence la nécessité de fédérer les efforts pour préserver le référent religieux national, tout en répondant aux exigences d’un environnement en constante évolution.
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées, appelant notamment à renforcer le soutien institutionnel aux zaouïas, à valoriser leur rôle dans la diffusion des valeurs de tolérance et à encourager leur implication dans les initiatives visant à consolider la cohésion sociale.
Ces orientations traduisent une prise de conscience collective quant à l’importance de ces institutions dans la construction d’une société équilibrée et résiliente.
À travers ce rendez-vous scientifique et spirituel, In Guezzam s’est imposée comme un carrefour de réflexion sur les enjeux du religieux dans la société contemporaine.
Une initiative qui illustre la volonté des autorités et des acteurs religieux de préserver les fondements identitaires du pays, tout en les inscrivant dans une dynamique d’ouverture et d’adaptation aux défis du monde actuel.
Abed MEGHIT
