Caractérisé par de violentes quintes de toux et de violentes douleurs à la poitrine, le pneumothorax est une affection pulmonaire localisée au niveau de la plèvre. Comment le reconnaître ? Quels sont les traitements ? Le point sur cette maladie respiratoire.
Le pneumothorax est une pathologie des poumons, localisée au niveau de la plèvre. La plèvre est une membrane constituée de deux feuillets qui glissent l’un sur l’autre afin de permettre au poumon de suivre les mouvements respiratoires. Quand il y a de l’air entre ces deux feuillets est ce que l’on appelle le pneumothorax.
Cette poche d’air a plusieurs effets importants : le poumon n’est plus relié à la cage thoracique et donc ne « respire » plus. Le risque majeur est donc celui d’étouffement. Mais comme la bulle d’air repousse le poumon, elle peut également repousser le cœur, ce qui engendre de graves conséquences sur son fonctionnement. Heureusement, la plupart des pneumothorax ne vont pas jusqu’à ces extrêmes.
PNEUMOTHORAX SPONTANÉ OU SECONDAIRE ?
On peut distinguer deux types majeurs de pneumothorax.
Le plus fréquent concerne l’homme jeune en bonne santé : c’est le pneumothorax spontané. Il est rarement grave, et est généralement dû à la rupture d’une bulle d’air dans le poumon. Mais il existe le pneumothorax secondaire, qui survient sur un poumon malade. C’est par exemple un emphysème (qui est une grosse bulle dans le poumon), une fibrose pulmonaire (par exemple dans le cadre de la silicose, maladie professionnelle reconnue), de l’asthme (pouvant être exacerbé par des produits irritants), ou une broncho-pneumopathie chronique obstructive (suite à des inhalations de gaz, de fumées, et bien sûr augmentées par le tabac). Parfois, en cas d’origine traumatique, il peut également y avoir du sang en plus de l’air : c’est ce que l’on appelle un hémo-pneumothorax (par exemple des côtes fracturées qui perforent la plèvre et le poumon).
QUELS SONT LES FACTEURS DE RISQUE ?
Si le tabac est un des facteur de risque des plus important, tout ce qui fait augmenter la pression dans les poumons, ou ce qui les irrite, comme certaines vapeurs, ou la silice, augmente les risques de pneumothorax :
le travail en milieu hyperbare (plongeur professionnel)
le travail en altitude
l’utilisation d’ARI (Appareil respiratoire isolant) que l’on trouve sur certains chantiers . Ces appareils peuvent d’ailleurs être proscrits par le médecin du travail chez les personnes ayant déjà fait un pneumothorax. comme le fait d’en avoir déjà fait un (x5 du risque), ou le tabac (x20 du risque).
QUELS SONT LES SYMPTÔMES DU PNEUMOTHORAX ?
Une douleur localisée au niveau de la cage thoracique, allant d’une simple gêne à une douleur violente, souvent accompagnée par une gêne respiratoire ou une toux sèche, qui inquiète. Les signes de gravité sont la tachycardie, et la cyanose (blancheur, puis coloration bleue de la peau).
COMMENT EST-IL DIAGNOSTIQUÉ ?
Le diagnostic est avant tout clinique, avec une asymétrie du son à la percussion, à l’auscultation et à la transmission des ondes (le médecin demande au patient de dire 33, ce qui fait vibrer la cage thoracique : il analyse alors les ondes induites).
Ce diagnostic est confirmé par échographie et la radiographie des poumons permet d’en quantifier l’étendue.
QUELS SONT LES TRAITEMENTS DU PNEUMOTHORAX ?
Le traitement dans le pneumothorax sans essoufflement et sans gêne est le repos avec des antalgiques, pendant quelques dizaines de jours.
Mais si le pneumothorax est invalidant, le traitement de choix est la pose d’un drain, afin de faire sortir l’air situé entre les deux feuillets de la plèvre, associé à une valve anti-retour (valve de Heimlich), permettant à l’air de sortir, mais pas de rentrer. En quelques jours ou quelques semaines, il y à nouveau accolement des deux feuillets de la plèvre, et tout retourne à la normale. Mais il n’est pas rare de voir des récidives (le tabac multiplie ce risque par 20) et dans ce cas, les médecins procèdent à une opération chirurgicale pour « recoller » les deux feuillets l’un à l’autre.
Le traitement se simplifie
Cet épanchement d’air dans la membrane entourant les poumons, qui touche principalement des jeunes fumeurs, se traite désormais en ambulatoire. Cela évite au patient de rester hospitalisé plusieurs jours et de se remettre aussi plus vite. Le point avec le Pr Charles-Hugo Marquette, chef du service de pneumologie au CHU de Nice.
Cela commence souvent par une sensation brutale de « coup de poignard » en bas du thorax, une gêne respiratoire, un essoufflement et une toux sèche qui accentue la douleur… Cet accident peut faire suite à un traumatisme (choc, blessure) ou survenir spontanément chez des personnes souffrant d’une maladie pulmonaire comme la bronchite chronique (BPCO) ou sans raison particulière. Il s’agit souvent d’hommes jeunes de 20 à 40 ans, de morphologie longiligne, fumeurs ou ex-fumeurs.
Pneumothorax : résorber la poche d’air et soulager Une radiographie des poumons, parfois complétée par un scanner, permet de confirmer le diagnostic de pneumothorax. Provoqué par un épanchement d’air entre les deux feuillets de la plèvre, normalement collés l’un à l’autre, il entraîne une compression du poumon.
« Les pneumothorax spontanés sont quinze fois plus fréquents chez les fumeurs, précise le Pr Charles-Hugo Marquette. Le tabac peut en effet provoquer une inflammation et une petite fuite d’air à la surface du poumon qui se décolle alors de la cage thoracique. Ce risque existe même chez les fumeurs récents, et il est encore plus important avec le cannabis, qui est inhalé plus profondément. »
En cas de pneumothorax spontané
Il y a quelques années, le traitement consistait le plus souvent à se reposer au lit en attendant que l’air se résorbe spontanément, et que le poumon se « recolle » au bout de quelques mois.
C’est ce qui se pratique encore aujourd’hui lors d’un premier pneumothorax de faible intensité, lorsqu’on n’est pas essoufflé. Mais si la gêne est plus importante, il est nécessaire d’aspirer l’air pour recoller vite la plèvre au poumon. Dans un cas sur deux, cela peut se faire de façon manuelle en vingt minutes grâce à une aiguille, et sous anesthésie locale.
Pneumothorax : poser un drain portatif
Une autre solution consiste à poser un drain dans le thorax qui aspire l’air durant cinq jours environ, à l’hôpital. Mais une nouvelle technique a tendance à la remplacer : le drainage portatif. « Cela consiste à passer un mini-drain portatif de petit calibre sous la clavicule, entre deux côtes, explique le Pr Charles-Hugo Marquette. Le patient rentre chez lui, il peut bouger, prendre sa douche… C’est tout aussi efficace que la méthode classique, mais plus confortable et moins douloureux. Un hôpital sur cinq utilise cette méthode, et cela devrait se répandre très vite. » En cas d’échec ou de récidive, on pratique une pleurodèse, une opération sous cœlioscopie consistant à recoller les deux feuillets de la plèvre de façon mécanique ou en les irritant avec du talc. Après une intervention, il est interdit de prendre l’avion pendant quinze jours pour éviter la variation de pression dans les poumons.
Et pas de plongée sous-marine non plus. Pour éviter les récidives, il est bien sûr fortement recommandé d’arrêter de fumer
