Des membres de la marine marocaine ont collaboré avec des trafiquants de drogue pour faire passer clandestinement des ballots de haschich en Espagne, ont rapporté mardi des médias espagnols, reprenant les conclusions d’une enquête menée par la Garde civile espagnole.
S’appuyant sur les conclusions de cette enquête, le quotidien espagnol El Confidencial a rapporté qu' »un patrouilleur de la marine royale marocaine qui sert de navire-mère pour vedettes rapides, a été impliqué dans le trafic de drogue ».
Précisant que les investigations de la Garde civile espagnole ont été enclenchées suite à des images retrouvées sur le téléphone d’un détenu marocain, le quotidien espagnol a affirmé que la Garde civile a pu confirmer que du personnel et des patrouilleurs de la marine royale marocaine ont été impliqués avec les bateaux de drogue qui traversent le détroit de Gibraltar pour introduire du haschich en Espagne.
« Les images fournies dans le cadre d’une enquête de la Garde civile prouvent la collusion et la collaboration directe du personnel et des patrouilleurs de la marine royale marocaine avec les bateaux de drogue qui traversent le détroit pour introduire du haschich en Espagne », a-t-il rapporté.
De son côté, le média Werken Rojo a rapporté que l’implication de patrouilleurs de la marine royale marocaine avec des trafiquants de drogue a été constatée par un journaliste de la chaine de télévision Cuatro qui a accompagné la Garde civile dans une mission dédiée à cet effet.
« Dans l’émission +En Boca de Todos+ sur Cuatro, un journaliste est monté dans une voiture de patrouille de la Garde civile pour les accompagner une nuit à la poursuite de trafiquants de drogue.
Aux premières heures du matin, le patrouilleur transportant le journaliste repéra un hors-bord chargé de ballots de drogue et se lança à sa poursuite.
Malgré les efforts des officiers pour le rattraper, le patrouilleur dut interrompre sa mission de manière inattendue alors qu’il se trouvait encore dans les eaux espagnoles : un navire de la marine marocaine avait croisé sa route, bloquant la poursuite et empêchant la capture du hors-bord chargé de drogue », a rapporté Werken Rojo. Cités par le quotidien, les officiers de la Garde civile ont souligné que, dans ce genre d’opérations, il faut faire attention, « car les navires militaires du royaume n’hésitent pas à user de leurs armes ».
Récemment, la police espagnole a découvert un vaste tunnel souterrain comptant plusieurs niveaux et équipé de rails et de wagons servant à transporter des ballots de haschich à Ceuta, entre le Maroc et l’Espagne.
L’Espagne constitue une porte d’entrée importante pour le trafic de drogue en Europe en raison de sa proximité avec le Maroc, premier producteur de cannabis dans le monde.
Tragédie ferroviaire : une fissure sur la voie ferrée pourrait être à l’origine du drame
La voie ferrée sur laquelle a eu une lieu une collision entre deux trains à grande vitesse en Espagne, faisant 46 morts en janvier, s’était rompue la veille de l’accident, sans que cela ne soit détecté, ont rapporté mercredi les médias espagnols, citant les enquêteurs.
L’accident du 18 janvier à Adamuz, en Andalousie (sud), a été l’une des catastrophes ferroviaires les plus meurtrières en Europe depuis le début du siècle et a obligé les autorités à se pencher sur l’état de la sécurité du réseau ferroviaire espagnol.
Le drame s’est produit lorsqu’un train à destination de Madrid, exploité par la société privée Iryo, a déraillé et est passé sur la voie opposée, percutant de plein fouet un train arrivant en sens inverse, opéré par l’entreprise publique Renfe.
Un rapport préliminaire, publié en janvier par la commission d’enquête sur les accidents ferroviaires (CIAF), avait suggéré que la voie présentait une fissure avant le déraillement.
La Garde civile a présenté un nouveau rapport à un tribunal chargé de l’enquête sur l’accident, dans lequel la rupture est enregistrée à 21H46 le 17 janvier, ont indiqué les médias espagnols en citant le document. Bien qu' »une altération électrique compatible avec une rupture » ait été enregistrée, le système de signalisation « n’était pas configuré pour déclencher automatiquement l’alerte », rapportent les médias, citant le document daté du 27 mars. La Garde civile indique que cette variation de tension « compatible avec une rupture » entre la soirée du 17 janvier et l’accident « n’est pas habituelle », mais que la possibilité technique de recevoir des alertes à ce sujet « devra être clarifiée ».
Le rapport écarte également la thèse du sabotage, du terrorisme et d’une négligence de la part des conducteurs.
L’enquête de la CIAF, qui doit fournir des conclusions définitives, est toujours en cours.
