L’Assemblée populaire nationale a été le théâtre d’une étape importante dans le processus de réforme du système électoral avec la présentation du projet de loi relatif à la détermination des circonscriptions électorales et à la répartition des sièges parlementaires.
Porté par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, ce texte s’inscrit dans une volonté d’adaptation des institutions aux évolutions démographiques et territoriales du pays.
Présenté lors d’une séance plénière présidée par le président de l’Assemblée, Brahim Boughali, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, ce projet de loi introduit des modifications significatives dans l’organisation de la représentation nationale. Il prévoit notamment une augmentation du nombre de circonscriptions électorales, passant de 58 à 69, en plus de celle dédiée à la communauté nationale établie à l’étranger. Cette évolution vise à mieux refléter la réalité territoriale issue du nouveau découpage administratif, tout en garantissant une représentation plus équilibrée des différentes régions du pays.
Elle s’accompagne d’une révision du mode de calcul des sièges à pourvoir, basé désormais sur un critère démographique plus précis.
Le texte propose ainsi l’attribution d’un siège pour chaque tranche de 120.000 habitants, tout en maintenant un seuil minimum de deux sièges pour les wilayas dont la population est inférieure à 200.000 habitants.
Cette approche vise à concilier équité démographique et représentation territoriale, en évitant les déséquilibres qui pourraient résulter d’une application stricte du critère populationnel. S’agissant du Conseil de la nation, le projet introduit également une nouveauté en proposant de baser l’élection des deux tiers de ses membres sur le nombre d’habitants.
Chaque circonscription électorale disposera ainsi d’un siège lorsque sa population n’excède pas 250.000 habitants, renforçant ainsi la logique de représentativité.
Au-delà des aspects techniques, cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des institutions et de renforcement de la démocratie représentative.
Elle vise à adapter le système électoral aux réalités actuelles, tout en garantissant une meilleure prise en compte des attentes des citoyens.
Les débats autour de ce projet de loi devraient permettre d’affiner ces propositions et d’enrichir la réflexion sur les mécanismes de représentation. Ils constituent également une occasion pour les parlementaires d’exprimer leurs visions et leurs préoccupations quant à l’évolution du cadre institutionnel.
Dans un contexte marqué par des réformes politiques et économiques, cette initiative apparaît comme une étape clé dans la consolidation de l’État de droit. Elle témoigne de la volonté des autorités de renforcer la légitimité des institutions en assurant une représentation plus juste et plus adaptée aux réalités du pays.
Ainsi, à travers cette réforme, l’Algérie poursuit son processus d’adaptation et de modernisation, en cherchant à concilier stabilité institutionnelle et évolution démocratique.
Un équilibre délicat mais essentiel pour répondre aux défis d’un monde en constante mutation.
A. MEGHIT
Réforme électorale : Vers une nouvelle cartographie représentative au Parlement
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