La bataille pour la régulation du marché national et la protection du pouvoir d’achat des citoyens s’impose aujourd’hui comme l’un des chantiers les plus sensibles de l’action publique. Dans un contexte marqué par les tensions sur certains produits de consommation et les dérives spéculatives qui fragilisent l’équilibre du marché, les autorités publiques affichent une volonté claire : mettre un terme aux pratiques abusives qui pénalisent les ménages et perturbent les circuits d’approvisionnement. Le dernier Conseil des ministres, présidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ainsi été l’occasion de rappeler avec force que la stabilité du marché et la disponibilité des produits alimentaires, notamment ceux issus de l’importation, constituent des priorités nationales. Le message du chef de l’État est sans ambiguïté. Face aux comportements opportunistes qui exploitent les périodes de forte consommation pour engranger des profits excessifs, l’Exécutif est appelé à faire preuve d’une fermeté absolue dans l’application des règles commerciales. Importateurs, grossistes et acteurs du réseau de distribution sont désormais placés devant leurs responsabilités. Toute tentative de manipulation des prix, de rétention de marchandises ou de désorganisation du marché doit être sanctionnée avec la plus grande rigueur. La décision d’inscrire les opérateurs impliqués dans des pratiques frauduleuses sur des listes noires et de leur interdire définitivement toute activité d’importation ou commerciale marque un tournant dans la stratégie de régulation économique. Cette mesure, d’une portée dissuasive indéniable, vise à assainir durablement le marché en écartant les acteurs qui privilégient l’enrichissement illicite au détriment de l’intérêt collectif. Elle traduit également la volonté des pouvoirs publics d’imposer un nouveau rapport de force face aux réseaux informels et aux circuits parallèles qui alimentent la spéculation. Au-delà de la sanction, l’objectif poursuivi est de restaurer un fonctionnement transparent et équilibré du marché. La régulation des prix dans le commerce de détail, l’amélioration du réseau de distribution et la lutte contre les pratiques de stockage abusif figurent parmi les leviers essentiels pour garantir un approvisionnement régulier et stable. Car les perturbations observées dans certains segments du marché ne sont pas seulement liées aux fluctuations internationales ou aux contraintes logistiques. Elles résultent souvent de comportements délibérés visant à créer artificiellement des pénuries afin de provoquer une flambée des prix. Dans cette lutte contre les dérives spéculatives, les institutions de contrôle jouent un rôle déterminant. Les services du ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, en coordination avec les forces de la Sûreté nationale, mènent depuis plusieurs années une action soutenue pour détecter et sanctionner les infractions économiques. L’application de la loi 21-15 du 28 décembre 2021 relative à la lutte contre la spéculation illicite constitue à cet égard un outil juridique majeur pour combattre ces pratiques qui portent atteinte à la stabilité sociale et économique. Les opérations de contrôle menées sur le terrain illustrent l’ampleur du dispositif mobilisé par l’État. Depuis janvier 2023, les inspections se multiplient auprès des commerçants, grossistes et détaillants afin de surveiller les circuits de distribution et de vérifier la conformité des pratiques commerciales. Cette vigilance permanente vise à prévenir les manipulations du marché et à garantir la disponibilité des produits de base, en particulier durant les périodes de forte demande. Les chiffres communiqués récemment témoignent de l’intensité de cette mobilisation. Au cours des dix premiers jours du mois sacré de Ramadhan, plus de 10.000 interventions ont été effectuées par les équipes de contrôle économique et de répression de la fraude. Cette présence soutenue sur le terrain traduit la détermination des pouvoirs publics à protéger les consommateurs et à préserver l’équilibre du marché face aux comportements prédateurs.
Au-delà des opérations ponctuelles, la lutte contre la spéculation s’inscrit dans une vision plus globale de gouvernance économique. Il s’agit de consolider les mécanismes de transparence, de renforcer les instruments de régulation et d’instaurer une culture de responsabilité au sein de l’ensemble des acteurs du marché. La protection du pouvoir d’achat n’est pas seulement une question économique ; elle constitue également un impératif social et un facteur essentiel de stabilité nationale. Dans ce combat, l’État semble résolu à ne plus tolérer les dérives qui fragilisent la confiance des citoyens. La fermeté affichée par les autorités traduit une conviction : un marché sain et régulé est la condition indispensable pour garantir l’équité économique et préserver l’intérêt général. Face aux prédateurs du commerce, la réponse publique se veut désormais claire, ferme et durable.
Abed MEGHIT
