À l’approche du mois sacré de Ramadhan 2026, période marquée chaque année par une forte pression sur les marchés et une hausse notable de la demande en produits alimentaires de base, les pouvoirs publics affichent une volonté ferme : garantir la disponibilité des denrées, stabiliser les prix et préserver le pouvoir d’achat des citoyens.
L’enjeu est de taille, tant ce mois revêt une dimension sociale, économique et symbolique particulière dans le quotidien des familles algériennes.
Conscient des dérèglements cycliques qui accompagnent traditionnellement cette période, le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national a activé un dispositif global, inspiré des mécanismes ayant fait leurs preuves lors du Ramadhan précédent.
L’objectif est clair : anticiper plutôt que subir, réguler plutôt que réprimer a posteriori, et assurer un fonctionnement fluide du marché national face à une demande accrue, parfois exploitée de manière spéculative par certains opérateurs indélicats.
Au cœur de cette stratégie figure le renforcement de l’approvisionnement régulier du marché national.
Les autorités ont misé sur une coordination étroite avec les filières de production, de distribution et de stockage afin d’éviter toute rupture, réelle ou artificielle, dans la disponibilité des produits de large consommation.
Fruits et légumes, viandes rouges et blanches, poissons, produits céréaliers, lait et dérivés figurent en tête des priorités, compte tenu de leur forte sollicitation durant le mois de jeûne.
L’un des leviers majeurs de cette politique reste la généralisation des marchés de proximité. Dès les semaines précédant le début du Ramadhan, au moins un marché de ce type sera opérationnel dans chaque commune du pays.
Ces espaces encadrés offrent aux consommateurs la possibilité de s’approvisionner directement auprès des producteurs ou de distributeurs agréés, réduisant ainsi le nombre d’intermédiaires, souvent à l’origine de la flambée des prix.
Cette mesure vise également à instaurer une plus grande transparence dans la formation des prix et à rapprocher les produits du citoyen, dans un cadre contrôlé.
Dans une déclaration accordée à la Radio nationale, Noureddine Haridi, responsable de la Direction de la qualité et de la protection du consommateur au ministère, a insisté sur le caractère structurant de ces marchés.
Selon lui, ils constituent un outil efficace de lutte contre la spéculation et la rétention de marchandises, deux pratiques récurrentes à l’approche du Ramadhan.
Il a souligné que ces dispositifs s’inscrivent dans une logique de service public, au bénéfice direct du consommateur.
Autre mesure phare ayant suscité un accueil favorable : la prolongation des ventes promotionnelles jusqu’au troisième jour de l’Aïd El-Fitr.
Lancée initialement le 18 janvier, cette opération permet aux ménages de bénéficier de réductions substantielles sur une large gamme de produits.
Cette décision traduit la volonté des autorités de soulager la pression financière qui pèse sur les familles durant une période de forte consommation. Parallèlement, les opérations de contrôle seront sensiblement renforcées.
Le ministère prévoit un déploiement massif des agents chargés de la répression des fraudes et du contrôle des pratiques commerciales.
Les inspections inopinées viseront particulièrement les comportements spéculatifs, les hausses injustifiées des prix, la non-affichage des tarifs, ainsi que les infractions liées à la qualité et à la conformité des produits.
La plateforme numérique de suivi du marché permettra d’intervenir rapidement au moindre signal de perturbation.
Au-delà des mesures coercitives, les autorités misent également sur la sensibilisation.
Une campagne nationale, placée sous le slogan « La disponibilité existe… la rationalisation de la consommation est votre choix », accompagnera l’ensemble du dispositif jusqu’à l’Aïd El-Fitr. Elle vise à encourager une consommation responsable, à lutter contre le gaspillage alimentaire et à instaurer une relation plus équilibrée entre offre et demande.
À travers ce plan d’action multidimensionnel, l’État entend aborder le Ramadhan 2026 dans un climat de sérénité, de stabilité des prix et de disponibilité des produits.
Une démarche qui traduit une prise de conscience accrue des enjeux sociaux liés à cette période et une volonté affirmée de placer le citoyen et son pouvoir d’achat au centre des politiques publiques.
Par Abed Meghit
