La wilaya de Chlef traverse une situation particulièrement éprouvante après plus de treize jours consécutifs d’interruption de l’alimentation en eau potable, affectant plusieurs communes et plongeant des milliers de citoyens dans une pénurie difficilement supportable.
Face à la montée de la colère et de l’inquiétude, l’Algérienne des eaux, unité de Chlef, a tenu à apporter des explications détaillées sur les causes de cette perturbation majeure et sur les mesures mises en œuvre pour en limiter les conséquences.
Dans un communiqué officiel, l’ADE a précisé que cette situation exceptionnelle trouve son origine principale dans l’arrêt de la production de la station de dessalement d’eau de mer de Mainis, située à Ténès.
Cet arrêt, enregistré dès les premières heures de la journée de dimanche dernier, a été imposé par une hausse significative et répétée du taux de matières en suspension, accompagnée d’une forte turbidité de l’eau brute.
Des conditions incompatibles avec les normes de qualité exigées pour la distribution d’eau potable, et qui ont contraint les responsables techniques à suspendre temporairement l’activité afin de préserver la santé des consommateurs.
Consciente de l’ampleur du désagrément subi par les abonnés, l’Algérienne des eaux a présenté ses excuses, soulignant le caractère indépendant de sa volonté de cette situation.
L’entreprise publique a assuré que la reprise de l’alimentation se fera de manière progressive dès le retour à un fonctionnement normal de la station de dessalement.
Toutefois, la complexité du phénomène naturel observé et la nécessité de garantir une eau conforme aux standards sanitaires expliquent la durée inhabituelle de cette interruption.
Parallèlement, une autre contrainte est venue aggraver la situation.
La station de traitement des eaux du barrage de Sidi Yaâkoub a, elle aussi, été mise à l’arrêt de façon temporaire.
En cause, la forte turbidité des eaux du barrage, consécutive à l’afflux de plus de 45 millions de mètres cubes d’eau provenant de sa source principale.
Une décision difficile, mais jugée indispensable pour préserver la durabilité de la ressource hydrique à moyen et long termes, dans un contexte climatique de plus en plus imprévisible.
Face à cette double contrainte, un plan de ravitaillement exceptionnel a été déployé sous la supervision directe du wali de la wilaya.
Ce dispositif repose principalement sur la mobilisation massive de camions-citernes pour l’approvisionnement des quartiers les plus touchés, en coordination étroite avec les cellules de crise installées au niveau des daïras.
L’objectif affiché est clair : garantir un minimum vital d’alimentation en eau aux populations, en attendant un retour progressif à la normale.
L’ADE a également annoncé la mise en place d’une cellule de crise et de veille fonctionnant en continu, chargée de suivre l’évolution de la situation et de coordonner l’ensemble des interventions.
Toutes les ressources en eaux souterraines disponibles ont été exploitées, tandis que des renforts en camions-citernes ont été mobilisés, notamment grâce à la solidarité d’unités de l’ADE issues d’autres wilayas.
Une coordination permanente est maintenue avec les autorités locales et les responsables des installations de production afin d’anticiper toute évolution défavorable.
Cette crise met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité du secteur de l’eau face aux aléas climatiques et environnementaux, mais aussi les défis structurels auxquels sont confrontées les infrastructures hydrauliques.
Pour les habitants de Chlef, l’attente reste difficile, mais l’ADE assure que l’ensemble des équipes demeure mobilisé jour et nuit jusqu’au rétablissement complet du service public d’alimentation en eau potable.
Abed MEGHIT
