À Oran, le théâtre universitaire s’impose comme un espace vivant de création, de réflexion et de transmission de la mémoire collective, à travers une programmation artistique riche et engagée portée par l’Institut des arts.
La troupe « Le Nouveau Théâtre » a marqué les esprits en présentant une œuvre forte, écrite et mise en scène par l’étudiant universitaire Yahia Benhammou, qui revisite l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire contemporaine de la ville.
La pièce met en lumière le crime odieux perpétré par l’organisation terroriste de l’Armée secrète française sur la place Tahtaha, dans le quartier de la Ville Nouvelle, le 28 février 1962.
À travers une approche artistique sobre et percutante, l’œuvre retrace l’explosion de deux voitures piégées ayant causé la mort de dizaines d’Algériens et fait des centaines de blessés, rappelant la violence aveugle qui a marqué les derniers mois de la colonisation.
Le choix de ce thème témoigne de la maturité artistique et de l’engagement citoyen des jeunes créateurs, soucieux de préserver la mémoire nationale et de transmettre les valeurs de résistance et de dignité.
La programmation a également été enrichie par une autre représentation théâtrale intitulée « L’art et la pourriture », mise en scène par Ahmed Aouni.
Cette œuvre, aux accents critiques et symboliques, interroge le rapport entre création artistique et dérives sociétales, offrant au public une lecture contemporaine et audacieuse des enjeux culturels actuels.
En parallèle, une exposition consacrée aux décors de spectacles produits par la troupe « Le Nouveau Théâtre » a permis de mettre en valeur le travail scénographique des étudiants, ainsi que les distinctions obtenues lors de diverses manifestations culturelles nationales.
Cette troisième édition des activités théâtrales universitaires s’inscrit dans une dynamique de formation et de professionnalisation des étudiants.
Plusieurs ateliers ont été programmés dans les différents métiers du théâtre, allant de l’écriture dramatique à la mise en scène, en passant par le jeu d’acteur, la scénographie et la régie technique.
Ces formations visent à renforcer les compétences artistiques des étudiants et à encourager l’émergence de talents capables de contribuer au rayonnement culturel de la ville et du pays.
Les représentations théâtrales, organisées au niveau des résidences universitaires, des établissements d’enseignement supérieur et des structures culturelles d’Oran, traduisent la volonté de rapprocher l’art du public et de faire du théâtre un vecteur de dialogue, de sensibilisation et de cohésion sociale.
À travers ces initiatives, le théâtre universitaire d’Oran affirme pleinement sa vocation culturelle et citoyenne, en conjuguant création artistique, devoir de mémoire et formation des générations futures.
Abed MEGHIT
