La justice algérienne a rendu un verdict sévère dans l’affaire des irrégularités liées à la gestion des marchés publics de la commune de Berrahal, dans la wilaya d’Annaba.
Deux anciens présidents de l’Assemblée populaire communale (APC), le secrétaire général de la commune et le chargé des marchés ont été condamnés à trois ans de prison ferme par le tribunal correctionnel d’Annaba, illustrant la fermeté des juridictions face aux atteintes à la réglementation en vigueur.
Au total, 42 prévenus ont comparu devant la justice dans cette affaire, poursuivis pour des faits liés à la gestion irrégulière et à l’attribution illégale de marchés publics, en violation du code des marchés et de la législation en vigueur.
Parmi les mis en cause figurent également plusieurs employés du service technique communal ainsi qu’un nombre important d’entrepreneurs ayant bénéficié de ces marchés contestés.
L’audience, qui s’est déroulée sur plusieurs heures et s’est prolongée tard dans la soirée, a été marquée par un réquisitoire particulièrement sévère du représentant du ministère public.
Le procureur a requis des peines de prison ferme allant d’un à cinq ans à l’encontre de l’ensemble des prévenus, mettant en avant la gravité des manquements constatés et l’atteinte portée aux principes de transparence et de bonne gouvernance.
À l’issue des délibérations, le tribunal a prononcé des peines d’un an de prison à l’encontre de plusieurs entrepreneurs et de certains employés impliqués dans cette affaire.
Les sanctions les plus lourdes ont toutefois été réservées aux principaux responsables administratifs, considérés comme les instigateurs des irrégularités.
Les deux anciens P/APC, le secrétaire général et le chargé des marchés ont ainsi écopé de trois ans de prison ferme.
Selon les éléments du dossier, les infractions portent sur des attributions de marchés effectuées en dehors des procédures légales, sans respect des règles de mise en concurrence, privant la commune de Berrahal d’une gestion transparente et rationnelle de ses ressources financières.
Ces pratiques ont entraîné des préjudices financiers et institutionnels pour la collectivité locale.
Cette affaire s’inscrit dans le cadre plus large de la lutte contre la corruption et les abus dans la gestion des collectivités locales, un phénomène qui continue de poser de sérieux défis malgré les dispositifs de contrôle et de régulation mis en place.
À travers ce verdict, la justice réaffirme sa détermination à sanctionner les manquements à la gestion des deniers publics et à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions locales.
Ces condamnations envoient un signal fort aux responsables publics quant à l’obligation de respecter strictement les règles de passation des marchés et de garantir une gouvernance locale fondée sur la transparence, la responsabilité et l’intérêt général.
A.M
