Le secteur du théâtre en Algérie s’apprête à entrer dans une nouvelle ère. La ministre de la Culture et des Arts, Mme Malika Bendouda, a dévoilé une série de décisions structurantes visant à réformer en profondeur le système de gestion des théâtres, lors d’une rencontre stratégique avec les directeurs des théâtres régionaux.
À travers ces mesures, le département de la Culture affiche une volonté claire : rompre avec les lourdeurs bureaucratiques, moderniser la gouvernance culturelle et redonner au théâtre algérien toute sa vitalité créative et son rôle sociétal.
Selon un communiqué du ministère, ces décisions portent, en premier lieu, sur l’octroi immédiat d’un soutien financier destiné à la production de nouvelles œuvres théâtrales.
Cette mesure d’urgence vise à relancer la dynamique de création, souvent freinée par des contraintes budgétaires et administratives, et à encourager les artistes à renouer avec une production régulière et qualitative.
Parallèlement, la ministre a annoncé l’amélioration de la situation actuelle des établissements théâtraux, ainsi que la revalorisation des budgets alloués aux théâtres au titre de l’année 2026, traduisant une vision à moyen terme fondée sur la stabilité et la pérennité du secteur.
Lors de cette rencontre, Mme Bendouda a présenté les grandes lignes de la nouvelle orientation de la politique de l’État en matière de théâtre.
Une orientation qui s’inscrit dans une logique de transformation profonde, marquée par l’adoption de décisions souveraines et de directives stratégiques visant à faire évoluer les établissements théâtraux d’une gestion administrative rigide vers un véritable ancrage de l’acte culturel vivant.
Il ne s’agit plus seulement de gérer des structures, mais de faire des théâtres des espaces dynamiques de création, d’innovation et d’interaction avec la société. Au cœur de cette réforme figure la restructuration du système de gestion des théâtres.
La ministre a annoncé le lancement d’une vaste opération devant aboutir à la création d’un organisme national du théâtre. Cette future entité aura pour mission de coordonner, structurer et impulser une vision globale du théâtre à l’échelle nationale, tout en garantissant une meilleure gouvernance, une transparence accrue et une efficacité renforcée dans l’utilisation des ressources.
Mme Bendouda a également exhorté les directeurs des théâtres régionaux à opérer un changement de paradigme dans leur manière de gérer les établissements. Elle a insisté sur la nécessité d’adopter une planification stratégique, en rupture avec une programmation routinière souvent déconnectée des attentes du public.
La ministre a plaidé pour une gestion rationnelle et innovante des ressources, encourageant les responsables à diversifier les sources de financement à travers la recherche de partenariats et d’investissements, en complément des aides de l’État.
Dans cette perspective, l’activation des contrats de performance pour les gestionnaires constitue un autre levier de la réforme.
Cette approche, fondée sur des objectifs mesurables et des résultats concrets, vise à instaurer une culture de responsabilité, d’évaluation et d’excellence au sein des établissements théâtraux, tout en valorisant les compétences managériales et artistiques.
La ministre a, par ailleurs, mis l’accent sur l’ouverture stratégique des théâtres.
Elle a appelé à transformer ces espaces en véritables incubateurs pour les troupes indépendantes et les créateurs, offrant ainsi aux jeunes talents et aux initiatives artistiques émergentes des conditions favorables à l’expérimentation et à la production.
Cette ouverture s’accompagne d’un renforcement du partenariat avec le secteur de l’éducation nationale, afin de faire du théâtre un parcours éducatif durable, intégré dès le plus jeune âge dans la formation culturelle et citoyenne des élèves.
Sur le plan des infrastructures, Mme Bendouda a ordonné un suivi rigoureux des opérations de restauration et d’équipement des théâtres existants. Elle a également demandé la présentation de demandes d’investissement pour les bâtiments endommagés, dans le cadre de la loi de finances, afin de préserver le patrimoine théâtral national et d’offrir aux artistes comme au public des espaces adaptés, modernes et sécurisés.
Ces orientations, a souligné la ministre, constituent le point de départ d’un vaste chantier de réforme du théâtre algérien. Un chantier ambitieux qui vise à libérer l’activité théâtrale des contraintes bureaucratiques, à redonner confiance aux acteurs culturels et à bâtir un théâtre à la hauteur des aspirations du peuple algérien et de son identité authentique.
À travers cette démarche, le ministère de la Culture et des Arts envoie un message fort : le théâtre n’est pas un secteur marginal, mais un pilier essentiel de la vie culturelle, éducative et sociale du pays.
En misant sur la modernisation, l’ouverture et la performance, l’État entend faire du théâtre algérien un espace de création vivante, de débat et de rayonnement, capable de dialoguer avec son temps tout en restant fidèle à ses racines.
A.M
