ÉDITORIAL DK NEWS DU JOUR : Attaf, la constance diplomatique et l’exigence de vérité

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Dans un paysage géopolitique souvent brouillé par les lectures sélectives, les instrumentalités diplomatiques et les discours construits pour servir des agendas étroits, la mise au point livrée par Ahmed Attaf résonne comme un rappel salutaire aux principes qui fondent l’action internationale. Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, a choisi la clarté. Et dans une région où chaque mot pèse de tout le poids de l’Histoire, l’exercice n’avait rien d’anodin. Sur la question du Sahara occidental, le ministre a rappelé une vérité que certains persistent à occulter : le dossier n’est pas clos. Il n’a jamais été clos. Et aucune tentative de travestir la réalité juridique consacrée par les Nations Unies n’a réussi à modifier cette donnée fondamentale. Le Conseil de sécurité, contrairement aux thèses véhiculées par la diplomatie marocaine, n’a nullement entériné une quelconque solution unilatérale.

La résolution 2797, rappelle Attaf avec précision, a conservé l’intégralité des paramètres qui encadrent depuis des décennies la recherche d’une solution juste, durable et conforme à la légalité internationale. Ce rappel n’est pas un simple geste technique : il est un acte de responsabilité. Dans un contexte marqué par une multiplication des narratifs concurrents, l’Algérie défend une constante, celle du respect du droit international et de l’autodétermination des peuples. Attaf souligne que la résolution a même renforcé certains acquis, permettant au Front Polisario de consolider sa position sur des bases fermes, pleinement inscrites dans le cadre onusien. Autrement dit, loin d’être un recul, la délibération du Conseil de sécurité confirme que le chemin de la légalité demeure intact et que les tentatives de contourner ce cadre restent sans effet.

En évoquant la crise malienne, le ministre adopte la même ligne de force : celle de la cohérence. Profondément préoccupée par la dégradation sécuritaire au Mali, l’Algérie exprime une inquiétude qui dépasse la simple proximité géographique. Ce qui se joue dans ce pays frère touche directement l’équilibre de toute la région et interpelle l’histoire commune tissée entre Alger et Bamako. Attaf rappelle que l’Algérie n’a jamais failli à son engagement : hier dans les moments d’épreuve, aujourd’hui face à une menace terroriste qui atteint des niveaux inédits. Son appel à un règlement basé sur les voies pacifiques et politiques, à travers un dialogue inclusif, est une invitation à revenir à l’esprit de l’Accord d’Alger, ce pacte qui a représenté pour le Mali l’une des rares perspectives crédibles de sortie de crise. En insistant sur la nécessité d’une réconciliation globale, sans exclusion et sans ingérence étrangère, Attaf rappelle la règle d’or de la sécurité régionale : aucune solution durable ne peut naître de la force, de la fragmentation ou de l’instrumentalisation des conflits. À travers ces mises au point, c’est toute la doctrine diplomatique algérienne qui s’exprime : une diplomatie faite de constance, de fidélité aux engagements et de refus catégorique de céder aux lectures opportunistes.

Le ton du ministre, ferme sans être polémique, restitue l’essentiel : l’Algérie ne s’écartera pas des principes qui guident son action, qu’il s’agisse de la décolonisation inachevée au Sahara occidental ou de la quête de stabilité au Mali. Dans un monde où les certitudes vacillent, la position algérienne se distingue par sa stabilité et par ce refus d’altérer les faits pour satisfaire les fluctuations géopolitiques. Attaf rappelle que la solution, quel que soit le dossier, passe par la légalité, par le dialogue et par un respect scrupuleux des souverainetés. Cette voix, qui refuse les simplifications dangereuses, demeure aujourd’hui plus que jamais nécessaire.

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