L’Université Abderrahmane Mira de Béjaïa s’est transformée, dès ce lundi dernier, en un véritable carrefour de la connaissance et de l’innovation scientifique à l’occasion du congrès international intitulé « Sécurité alimentaire durable : défis et innovations », qui se tient durant trois jours sur le campus de Targa Ouzemour. Un rendez-vous majeur qui réunit chercheurs, ingénieurs, doctorants et experts venus d’Algérie, de France, d’Espagne, d’Égypte, d’Irak et de Tunisie, en présentiel ou à distance, pour débattre des multiples enjeux liés à la durabilité alimentaire dans un monde en constante mutation. Dans son allocution d’ouverture, le président du comité d’organisation, le Pr Nadir Benhamiche, a mis en avant les quatre grands axes de réflexion de ce colloque : les innovations alimentaires, la valorisation des co-produits, l’environnement et la sécurité alimentaire, ainsi que l’intelligence artificielle au service de la technologie alimentaire. Des thématiques ambitieuses qui traduisent la volonté des organisateurs de dépasser le simple cadre académique pour ouvrir la voie à des solutions concrètes face aux défis planétaires de la sécurité alimentaire.
Dès la première journée, les conférences plénières ont donné le ton à travers des interventions de haut niveau. Le Pr Khodir Madani, de l’Université de Béjaïa, a inauguré les débats avec une communication intitulée « L’agriculture algérienne entre sécurité et autosuffisance alimentaire ». Il y a souligné la complexité des concepts de souveraineté et de sécurité alimentaires dans le contexte national, tout en pointant du doigt la faiblesse des statistiques agricoles, souvent imprécises, qui entravent la planification stratégique du secteur. La Pr Boulekbache Makhlouf Lila, également de Béjaïa, a ensuite captivé l’assistance avec son exposé sur la valorisation des biodéchets au service de la sécurité alimentaire, en mettant un accent particulier sur les sous-produits de l’olivier, encore insuffisamment exploités malgré leur potentiel économique et écologique considérable.
Les échanges se sont ensuite enrichis avec des interventions internationales de haut vol. Le Pr Inmaculada Mateos Aparicio Cediel, de l’Université Complutense de Madrid, a invité l’auditoire à repenser la chaîne de valorisation alimentaire à travers sa conférence « From Waste to Worth : Rethinking food waste in the valorisation chain », tandis que le Pr Slim Smaoui, du Centre de Biotechnologie de Sfax (Tunisie), a présenté une approche novatrice du smart packaging comme outil pragmatique pour la réduction durable du gaspillage alimentaire. Au-delà des conférences magistrales, le colloque accorde une place importante à la recherche émergente. De nombreux doctorants et jeunes chercheurs y exposent leurs travaux portant sur la valorisation des produits agricoles et halieutiques, l’innovation technologique dans le secteur agroalimentaire, les procédés écologiques de conservation et de conditionnement, ainsi que la qualité nutritionnelle et la sécurité sanitaire des denrées.
Pour Béjaïa, ce congrès revêt une signification particulière. Première rencontre internationale de cette envergure organisée dans la wilaya, elle consacre l’Université Abderrahmane Mira comme un pôle académique dynamique et une plateforme méditerranéenne d’échanges scientifiques sur la sécurité alimentaire durable. Entre tradition agricole et modernité technologique, la capitale des Hammadites confirme ainsi son ambition de devenir un acteur clé de la réflexion et de l’innovation en matière de durabilité alimentaire. En réunissant des spécialistes venus d’horizons variés, ce colloque met en lumière la nécessité d’unir les savoirs et les compétences pour relever un défi vital : celui d’assurer à l’humanité une alimentation saine, suffisante et respectueuse de l’environnement dans les décennies à venir.
R.N
