Le Palais de la Culture Moufdi Zakaria a accueilli, ce lundi dernier, l’ouverture officielle d’un
important atelier international sur le patrimoine mondial, organisée par le ministère de
la Culture et des Arts, en partenariat avec le Fonds africain du patrimoine mondial (AWHF).
Cette rencontre, placée sous le thème « Évaluation préliminaire des propositions d’inscription sur la liste du patrimoine mondial pour l’Afrique et les pays arabes », marque une étape déterminante dans la coopération culturelle Sud-Sud et la valorisation du riche héritage des deux régions.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Culture et des Arts,
M. Zouhir Ballalou, a insisté sur la symbolique forte qu’incarne l’accueil par l’Algérie de cette rencontre d’envergure.
« Ce n’est pas un événement isolé, mais la continuité d’un rôle historique : celui de l’Algérie, terre de civilisations, de diversité et de dialogue, au cœur de la coopération arabo-africaine », a-t-il affirmé.
L’Algérie, qui compte déjà sept sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO – de la Casbah d’Alger au Tassili N’Ajjer, en passant par Timgad, Tipasa, Djamila, la vallée du M’Zab et la Qalâa des Beni Hammad , a franchi un nouveau pas stratégique en actualisant sa liste indicative en juin et septembre 2025.
Douze sites supplémentaires y ont été intégrés, ouvrant la voie à de futures inscriptions et renforçant ainsi la place du pays sur l’échiquier culturel mondial.
Le ministre a souligné que le patrimoine culturel, qu’il soit matériel ou immatériel, « n’est pas qu’une mémoire du passé, mais une ressource vivante qui nourrit l’innovation, favorise la paix et stimule le développement durable ».
Face aux défis mondiaux « changement climatique, perte de biodiversité, urbanisation déséquilibrée, migrations et conflits », la préservation du patrimoine devient une arme de résilience et un outil de prospérité partagée. Il a cité les expériences réussies en Afrique et dans le monde arabe, où les sites historiques et les traditions immatérielles constituent des atouts majeurs pour le tourisme culturel et la création d’emplois durables.
Un effort national aligné sur la vision présidentielle
Rappelant les orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le ministre a insisté sur la centralité de la culture dans le projet de la « Nouvelle Algérie ».
L’État œuvre, à travers le ministère de la Culture et des Arts, à la mise en œuvre de politiques intégrées de sauvegarde, comprenant : le recensement et la protection de 1 081 sites et monuments et de 28 villes historiques, la création de six parcs culturels nationaux, la préparation de nouveaux dossiers d’inscription au patrimoine mondial.
Ces actions visent à protéger la mémoire nationale tout en valorisant le patrimoine comme levier de créativité, d’innovation et d’ouverture au numérique.
Le rôle du Fonds africain du patrimoine mondial
M. Ballalou a salué le rôle stratégique du Fonds africain du patrimoine mondial, créé sous l’égide de l’UNESCO, qui accompagne les pays africains dans la formation d’experts, l’assistance technique et financière, ainsi que dans la préparation des dossiers d’inscription.
Ce soutien contribue à corriger les déséquilibres géographiques sur la Liste du patrimoine mondial, encore largement dominée par l’Europe et l’Amérique du Nord. Le ministre a présenté des statistiques révélatrices : l’Afrique ne représente que 8,97 % des sites inscrits à l’UNESCO, tandis que les pays arabes n’en comptent que 7,77 %. À titre de comparaison, l’Europe et l’Amérique du Nord en concentrent près de la moitié.
Un déséquilibre criant, alors même que l’Afrique est le berceau de l’humanité, comme l’attestent les découvertes d’Éthiopie (3 millions d’années) et du site algérien de Boucherit (2,4 millions d’années).
Cette rencontre internationale, selon le ministre, constitue donc une étape fondatrice pour tracer une stratégie commune et renforcer la présence des patrimoines africains et arabes sur la scène mondiale.
M. Ballalou a exprimé sa gratitude aux partenaires et experts présents, réitérant « l’engagement de l’Algérie à poursuivre son action en faveur de la protection du patrimoine commun et de l’élargissement des espaces de coopération culturelle ».
Il a rappelé que la sauvegarde du patrimoine est un vecteur essentiel de paix, de mémoire et de développement durable, tout en ouvrant des perspectives prometteuses pour les industries créatives.
