Sahara Occidental : Les autorités marocaines expulsent les membres d’une mission espagnole d’observation des droits humains

dknews
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Les autorités marocaines ont expulsé, mardi, les membres d’une mission espagnole d’observation des droits humains après les avoir empêchés de descendre d’un avion qui venait d’atterrir à Laâyoune, dans les territoires occupés, annoncent des médias espagnols.

Selon la presse espagnole, la délégation formée de personnalités politiques des îles Canaries n’a pas été autorisée à débarquer de l’avion à son arrivée à l’aéroport, ce qui n’a pas empêché ses membres d’exprimer leur solidarité avec le peuple sahraoui et de rappeler la légitimité de sa lutte pour l’indépendance de son pays.
Le conseiller à la coopération institutionnelle et à la solidarité internationale du Conseil de l’île de Grande Canarie (Gran Canaria), Carmelo Ramirez, a rappelé aux membres des services de sécurité marocains que leur pays n’avait aucune autorité sur le Sahara occidental.
« Vous n’avez aucune souveraineté sur le Sahara occidental. Vous l’occupez violemment depuis 1975. Vous l’occupez par la force. Vous maltraitez la population sahraouie pacifique qui vit sur ce territoire. Vous pillez ses ressources naturelles. Vous violez tous les accords internationaux », s’est-il insurgé.
« Vous n’avez pas le droit d’être ici. Et si vous nous traitez ainsi, comment traiterez-vous les Sahraouis ? » a-t-il ajouté. Il a également signifié à l’un des agents marocains qu’il se trouvait lui-même en situation illégal en montant à bord de l’avion espagnol sans autorisation.
« Vous vous trouvez en territoire espagnol, et non marocain ou sahraoui, puisque vous êtes à bord de l’avion. C’est illégal, sans l’autorisation du commandant de bord », a-t-il lancé. La délégation espagnole comptait, en plus de M.Ramirez, la députée de Podemos, Noemi Santana Perera, et le secrétaire à la communication de Podemos Canarias, Fernando Ruiz Pérez.

Les trois responsables politiques s’étaient rendus au Sahara occidental, mardi, pour y mener « une mission d’observation des droits humains auprès du peuple sahraoui ». L’interdiction opposée par les autorités marocaines « constitue un acte de répression inacceptable et une obstruction au travail pacifique de surveillance des graves violations systématiques des droits humains subies par la population sahraouie », ont dénoncé les membres de la délégation dans une déclaration à la presse espagnole.
« Le Maroc maintient un régime d’impunité qui permet les arrestations arbitraires, la torture, les disparitions forcées, les procès entachés d’irrégularités et la persécution constante des militants et des défenseurs des droits humains, ainsi que l’emprisonnement de militants politiques sahraouis pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et à l’autodétermination », ont-ils ajouté.
« Nous condamnons fermement cette expulsion et dénonçons l’obstruction systématique par le Maroc de l’accès aux territoires occupés aux délégations, observateurs et organisations solidaires, dans le but de réduire au silence la population sahraouie et de dissimuler la répression dont elle est victime.
L’expulsion de cette délégation souligne la gravité de la situation et la violation continue des droits fondamentaux du peuple sahraoui », a indiqué, par ailleurs, la délégation dans un communiqué à son retour aux îles Canaries.

Les membres de la délégation ont réaffirmé, dans le même communiqué, leur « engagement en faveur de la défense des droits de l’homme et de la solidarité avec le peuple sahraoui, ainsi qu’avec son droit inaliénable à l’autodétermination, reconnu par le droit international ».
Ils ont exigé « la fin de l’occupation, la libération immédiate des prisonniers politiques sahraouis et la tenue d’un référendum libre et équitable sur l’autodétermination, conformément aux résolutions des Nations unies ».
En 2025, les autorités de l’occupation marocaine ont expulsé 27 étrangers dont des parlementaires, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes venant d’Espagne, des Etats Unis d’Amérique et du Portugal dans le cadre du blocus imposé aux territoires sahraouis occupés.

Sahara Occidental : L’Armée sahraouie cible des bases des forces d’occupation marocaines dans le secteur de Haouza

Des unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) ont ciblé des bases et des retranchements des forces d’occupation marocaines dans le secteur de Haouza, leur infligeant de « lourdes pertes humaines et matérielles », indique un communiqué militaire du ministère sahraoui de la Défense nationale.
« Des détachements avancées de l’Armée sahraouie ont ciblé, mardi matin, par d’intenses bombardements, des bases et des retranchements des forces d’occupation marocaines dans la région de Rous Sedrat Tammat, relevant du secteur de Haouza », a précisé l’Agence de presse sahraouie (SPS) mardi dans le communiqué.
« L’Armée sahraouie poursuit ses attaques contre les positions des forces d’occupation marocaines, leur infligeant de lourdes pertes humaines et matérielles », ajoute le texte.

Sahara occidental: le CODESA condamne « fermement » l’expulsion par le Maroc d’une mission espagnole d’observation des droits humains

Le Collectif des défenseurs sahraouis des droits humaines au Sahara occidental (CODESA) a condamné « fermement » l’expulsion, mardi, par les autorités d’occupation marocaines, d’une mission espagnole d’observation des droits humains, des territoires sahraouis occupés, dénonçant « une violation flagrante » des principes et des dispositions du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme.
Les autorités marocaines ont expulsé les membres de la mission espagnole d’observation des droits humains après les avoir empêchés de descendre d’un avion qui venait d’atterrir à Laâyoune, dans les territoires sahraouis occupés.
La délégation était composée du conseiller à la coopération institutionnelle et à la solidarité internationale du Conseil de l’île de Grande Canarie (Gran Canaria), Carmelo Ramirez, de la députée de Podemos, Noemi Santana Perera, et du secrétaire à la communication de Podemos Canarias, Fernando Ruiz Pérez.
Selon le CODESA, cette mesure s’inscrit dans le cadre de « la politique systématique menée par la puissance occupante marocaine pour empêcher toute surveillance internationale indépendante de la situation des droits humains au Sahara occidental », en violation flagrante de l’article 55 de la Charte des Nations unies, ainsi que des obligations internationales relatives à la protection des défenseurs des droits humains, à la liberté de circulation et au droit de mener des missions d’établissement des faits.
Le Collectif a rappelé, dans un communiqué, que « depuis des années, la puissance occupante marocaine expulse et interdit systématiquement l’accès à la partie occupée du Sahara occidental aux délégations de défense des droits humains, syndicales, parlementaires et de médias, ainsi qu’aux étudiants et chercheurs, dans le but de dissimuler les graves violations des droits humains commises contre les civils sahraouis ».
Pour le CODESA, le refus persistant opposé aux délégations internationales d’accéder au territoire occupé, notamment au Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, empêché de se rendre au Sahara occidental pour la dixième année consécutive, « constitue un défi flagrant aux décisions et recommandations des Nations unies, ainsi qu’une atteinte systématique au principe de surveillance internationale et à la protection de la population civile sous occupation ».

Face à cette grave violation, le Collectif « tient la puissance occupante marocaine pleinement responsable de son refus persistant d’autoriser les observateurs internationaux à se rendre au Sahara occidental » et invite les Nations unies, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et le Parlement européen à « intervenir d’urgence pour mettre fin à la fermeture du territoire occupé aux observateurs internationaux ».
Le CODESA exige également que la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) soit « dotée d’un mécanisme permanent et indépendant de surveillance et de protection des droits humains au Sahara occidental », réitérant son appel au « respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément à la légitimité internationale et aux résolutions des Nations unies ».
« De telles pratiques répressives ne dissuaderont pas les défenseurs des droits humains ni les militants de la solidarité internationale de continuer à faire éclater la vérité », a-t-il averti, soulignant que « la fermeture du territoire ne dissimulera les souffrances du peuple sahraoui et ne portera pas atteinte à la légitimité de sa juste cause ».

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