La lutte contre le terrorisme en Afrique ne peut plus se satisfaire de réponses fragmentées ni d’actions ponctuelles dictées par l’urgence.
C’est ce constat lucide et partagé qui s’est dégagé de la réunion de haut niveau des experts africains, tenue récemment à Alger, consacrée à l’un des défis sécuritaires les plus pressants du continent.
Les échanges, qualifiés de profonds et constructifs par le directeur par intérim du Centre de l’Union africaine contre le terrorisme, M. Lallali, ont mis en lumière une prise de conscience collective quant à la responsabilité historique des États africains face à l’avenir de leur sécurité commune.
L’ampleur de la menace terroriste, dont la progression ne cesse de s’étendre, notamment dans la région sahélienne, en Somalie, en République démocratique du Congo et dans d’autres zones fragilisées, impose une rupture stratégique.
Les experts ont unanimement reconnu que les approches limitées à des interventions locales ou conjoncturelles ont montré leurs limites face à des réseaux transnationaux structurés, souvent instrumentalisés pour déstabiliser les États et fragiliser leur cohésion interne.
C’est dans ce contexte qu’a émergé la recommandation majeure appelant à l’élaboration d’un plan africain global de lutte contre le terrorisme.
Une feuille de route continentale, pensée sur le long terme, intégrant des dimensions sécuritaires, politiques, juridiques et socio-économiques, apparaît désormais comme une nécessité vitale pour garantir une véritable sécurité collective.
Les discussions ont insisté sur la nécessité de conjuguer prévention et action, renseignement et coopération, tout en s’attaquant aux causes profondes de l’extrémisme violent.
Les délibérations ont également mis en avant le rôle central de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, sous l’autorité politique du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.
Cette structure, appelée à renforcer sa coordination et son efficacité, constitue le socle institutionnel à partir duquel une riposte cohérente et intégrée peut être bâtie.
La lutte contre le financement des groupes terroristes, la coopération judiciaire et la mutualisation des capacités sécuritaires ont été identifiées comme des axes stratégiques incontournables.
Au-delà des aspects techniques, la rencontre d’Alger a marqué un tournant politique.
Elle a consacré une vision africaine autonome de la lutte antiterroriste, fondée sur la solidarité continentale et la responsabilité partagée.
Dans un environnement international en mutation, où les menaces hybrides se multiplient, l’Afrique affirme ainsi sa volonté de prendre en main son destin sécuritaire.
Les réflexions issues de cette rencontre ne constituent pas une simple déclaration d’intention.
Elles dessinent les contours d’une nouvelle doctrine africaine de sécurité, plus structurée, plus proactive et résolument tournée vers l’avenir.
À Alger, l’Afrique a posé les jalons d’une réponse collective à un péril commun, consciente que sa stabilité et son développement en dépendent.
REDACTION
