Des vivres d’urgence ont été largués par voie aérienne pour aider des dizaines de milliers de personnes au Soudan du Sud dans des zones reculées du nord-est, où la recrudescence du conflit ces derniers mois a poussé certaines communautés « au bord de la famine », a annoncé l’ONU lundi.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré, dans un communiqué, avoir « commencé à larguer des vivres d’urgence à des milliers de familles dans l’Etat du Haut-Nil ».
« Depuis mars, la recrudescence du conflit a contraint des familles à quitter leurs foyers et poussé certaines communautés au bord de la famine », a souligné l’organisation onusienne. L’intervention vise à « apporter une aide alimentaire et nutritionnelle vitale à plus de 40.000 personnes » dans les zones les plus reculées des comtés de Nasir et d’Ulang, accessibles uniquement par voie aérienne, et que le PAM n’avait pas pu atteindre ces quatre derniers mois.
Plus d’un million de personnes dans le Haut-Nil, frontalier avec le Soudan, sont confrontées à une « faim aiguë », selon le PAM.
Parmi celles-ci, 32.000 sont déjà confrontées à une faim de niveau « catastrophique », le niveau d’insécurité alimentaire le plus élevé, tandis que les combats actifs ont bloqué d’importantes voies fluviales vers l’Etat.
Ce chiffre a triplé depuis mars, et « sans une intensification majeure de l’aide, les comtés de Nasir et d’Ulang risquent de sombrer dans une famine généralisée », a averti Mary-Ellen McGroarty, directrice du PAM dans le pays.
A l’échelle nationale, 7,7 millions de personnes (57 % de la population), sont confrontées à des niveaux de faim de crise, urgents ou catastrophiques dans le pays. Un nombre « sans précédent » de 2,3 millions d’enfants sont menacés de malnutrition.
En raison de déficits de financements, l’organisation onusienne a déclaré avoir accordé des rations réduites aux 2,5 millions de personnes les plus vulnérables, et appelé à 274 millions de dollars pour poursuivre ses opérations vitales jusqu’en décembre.
