Périnée : Pourquoi il faut le muscler AVANT d’accoucher

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Si l’on parle beaucoup de rééducation du périnée en post-partum, il est important de veiller à la bonne santé de son périnée même pendant la grossesse. Estelle Bertrand, kinésithérapeute, nous explique le rôle du périnée et comment en prendre soin.

De très nombreuses femmes découvrent l’existence de leur périnée pendant la grossesse. Et si la rééducation périnéale après l’accouchement est aujourd’hui très largement conseillée, et pratiquée, peu de femmes font évaluer leur périnée lorsqu’elles sont enceintes. « Faire réaliser un bilan auprès d’un kiné pendant la grossesse pour vérifier la tonicité du périnée mais aussi des muscles de l’abdomen est pourtant très utile », observe Estelle Bertrand, kinésithérapeute.

Le périnée : à quoi sert-il ?
« Le périnée est un ensemble de différents muscles et tissus qui ferment le bas du bassin et s’étendent du pubis au coccyx », décrit la kinésithérapeute. Son rôle est multiple : il soutient les viscères, permet la continence urinaire et anale, joue un rôle d’ouverture pendant l’accouchement et a également une incidence importante sur le déroulement des rapports sexuels.

Le périnée, mis à rude épreuve pendant la grossesse
Pendant la grossesse, le corps de la future maman est le théâtre d’un grand nombre de bouleversements. Le périnée ne fait pas exception et est soumis à rude épreuve. « Les hormones de la grossesse détendent les muscles, les tissus et les ligaments pour permettre le passage de la tête du bébé. Le périnée, moins tonique, est également soumis à un surpoids important en raison de la présence dans l’utérus du bébé et du placenta », explique Estelle Bertrand. Une femme qui aurait par exemple des douleurs au pubis, au coccyx, dans les lombaires ou au niveau du sacrum devrait consulter, le bassin étant rendu moins fixe par la détente des ligaments. La spécialiste insiste donc sur la nécessité de réaliser un bilan afin de se voir proposer une prise en charge personnalisée.

Le périnée pendant la grossesse : comment le tonifier ?
« Le travail est à la fois postural, le bassin est en antéversion pendant la grossesse, et respiratoire, explique la kiné. Il n’existe toutefois pas d’exercices types que l’on pourrait recommander à toutes les femmes. Ils sont adaptés à la morphologie de chacune”, ajoute-t-elle. Pour citer une exemple concret, une femme enceinte dont le muscle transverse de l’abdomen sera détendu va travailler à le tonifier. Les muscles abdominaux seront alors plus à même de « porter » le bébé et de décharger ainsi le périnée.
De manière générale, un suivi avec un kiné pendant la grossesse aide à entretenir la mobilité, la tonicité des muscles mais aussi à éviter les douleurs. « Je leur apprends des exercices qu’elles doivent ensuite refaire à la maison puis on se revoit pour des bilans réguliers”, précise-t-elle. Mais la kiné explique également que pour prendre soin de son périnée pendant la grossesse il faut également lutter contre la constipation. « Le fait de pousser trop fort, les hémorroïdes, tout cela affaiblit aussi le périnée », rappelle Estelle Bertrand.

Le massage du périnée : préparer le corps à l’accouchement
Il est possible d’aider le périnée à s’assouplir et d’habituer les tissus à se détendre avant l’accouchement en réalisant des massages. « On peut commencer dans les deux mois qui précèdent l’accouchement mais cette pratique doit toujours être encadrée par un professionnel et réalisée avec l’accord de l’obstétricien », rappelle la kinésithérapeute.
Pour réaliser le massage, la future maman doit s’installer confortablement le buste penché vers l’arrière sur un lit ou une chaise. Elle peut commencer à faire des petits cercles sur le noyau central du périnée, la zone externe située entre le vagin et l’anus. Elle va ensuite introduire son pouce dans son vagin afin de masser le périnée vers les côtés et vers l’anus. « Le massage doit être réalisé avec une huile végétale la plus neutre possible, bio, première pression à froid ou une huile spécifique pour le massage du périnée », recommande Estelle Bertrand. Pour terminer, la kiné tient à battre en brèche quelques idées reçues. « Premièrement, avoir des relations sexuelles pendant la grossesse n’a aucun impact négatif sur le périnée. Deuxièmement, une fuite urinaire pendant la grossesse ce n’est pas normal. Il faut consulter un gynécologue, une sage-femme ou un kiné pour voir d’où vient le problème », conseille-t-elle.

Comment en prendre soin au quotidien ?

Le périnée est un ensemble de muscles en forme de hamac qui soutient nos organes et viscères, retient l’urine et participe à notre plaisir sexuel. Anna Roy, sage-femme, nous explique comment en prendre soin au quotidien, avec des gestes simples. Ah, le périnée… Beaucoup de femmes connaissent son nom, mais ignorent sa localisation précise. Pour le savoir, on observe quelle partie exacte du corps on contracte lorsque l’on se retient de faire pipi. Autre méthode : on insère un doigt dans le vagin et on resserre les muscles situés autour. Une fois le périnée repéré, on apprend à le « verrouiller » : on contracte ses muscles en les aspirant vers le haut, en creusant le ventre et en expirant. Puis on relâche en inspirant et on recommence jusqu’à avoir pleinement conscience de cette zone. Les muscles du périnée ne sont pas endurants : ils se relâchent et se fragilisent pendant la grossesse, l’accouchement et aussi à la ménopause. On apprend donc à en prendre soin au quotidien. La marche à suivre dans ce dossier.
On réapprend à aller à la selle
« Attendez d’avoir envie. Cela n’a l’air de rien mais c’est très important. Lorsque le réflexe se déclenche, l’exonération se fait sans aucun effort. Alors que si vous laissez passer ce moment, vous serez obligée de pousser et ça n’a l’air de rien, mais cela fatigue votre périnée » explique tout de go Anna Roy, sage-femme et auteur de On en parle de mon périnée, aux éditions Leduc S. Pratique. C’est aussi la raison pour laquelle il faut éviter que la constipation ne s’installe, car elle entraîne une fatigue périnéale.

On réapprend à faire pipi
Evitez de vous retenir lorsque vous avez envie d’aller uriner et évitez également les situations où votre vessie risque de se remplir à ras bord car, « en se distendant de façon excessive et répétée, le risque est de la fatiguer et de fatiguer votre périnée » explique la sage-femme. Et on oublie le fameux « stop-pipi » qui consiste à arrêter le jet d’urine en pleine miction soi-disant pour rééduquer le périnée. Non seulement, cela ne le rééduque en rien mais cela favorise également le risque d’infection urinaire.

On fait attention à ce qu’on mange
Tout simplement parce qu’une importante prise de poids favorise l’altération du périnée. Plus on a un indice de masse corporelle (IMC) élevé, plus la pression abdominale augmente et plus le risque de développer un trouble du périnée est important. On fait aussi attention à ce qu’on boit, en limitant les boissons gazeuses et les jus d’agrumes qui peuvent, à long terme, altérer le fonctionnement de la vessie.

On apprend à contrôler sa toux
« Quand on tousse ou qu’on éternue, la pression sur le périnée peut être très forte. Pensez toujours à le verrouiller » insiste la sage-femme. Le verrouillage périnéal consiste à serrer les muscles du plancher pelvien avant, pendant et 2 à 3 secondes après tout effort physique qui augmente la pression sur celui-ci.

On fait des exercices tous les jours
Quels exercices ? « Des contractions fortes et rapides, comme des sursauts » explique Anna Roy. « Au début, cela vous demandera des efforts mais après, vous pourrez les faire partout, discrètement et en toutes circonstances ». Le programme quotidien : 10 contractions debout, 10 contractions assises et 10 contractions allongées. Passez à 50 contractions de chaque si vous optez pour un programme hebdomadaire. « Pensez à bien relâcher le périnée entre deux contractions. Au début, n’hésitez pas à introduire un ou deux doigts dans votre vagin pour voir si la contraction agit » explique la sage-femme. Le programme quotidien : 5 contractions en étant debout, 5 contractions en étant assise et 5 contractions en étant allongée. Passez à 30 contractions de chaque si vous préférez un programme hebdomadaire.

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