La wilaya d’Annaba a commémoré, mardi soir, le 67e anniversaire de la bataille de Sidi Salem, également connue sous le nom de »bataille des rives de l’oued Seybouse » à Annaba, dont les faits se sont déroulés le 24 juin 1959.
La commémoration de cet événement historique s’est déroulée en présence du wali de la wilaya d’Annaba, Abdelkrim Lamouri, accompagné des autorités civiles et militaires. Etaient également présents le moudjahid Ali Djamada, membre de l’Armée de libération nationale (ALN), et Dahbia Yahiaoui, fille du chahid Arezki Yahiaoui, l’un des martyrs de cette bataille, ainsi qu’une grande foule de citoyens.
Dans une allocution prononcée à cette occasion au cimetière des martyrs de la zone de Sidi Salem, dans la commune d’El Bouni, le secrétaire de wilaya des moudjahidine, Salah Ben Aiche, a souligné que cet anniversaire »constitue une opportunité pour se remémorer l’une des plus grandes batailles menées par l’ALN avec une bravoure hors pair face à la machine de guerre coloniale française ».
Il a ajouté que les prémices de cette épopée ont commencé au centre d’entraînement militaire de »Zitoun », à l’intérieur du territoire tunisien, où un bataillon de »commandos » relevant de l’ALN avait reçu une formation militaire intensive.
La mission confiée à ce bataillon, dirigé par le Lieutenant Ahmed Zougarne, dit »Hidouche », assisté de ses deux adjoints Larbi Ififa et Arezki Teslanet, était de haut risque, poursuit la même source.
Elle consistait à acheminer une importante cargaison d’armes et d’équipements de transmission modernes destinés à soutenir les moudjahidine de la Wilaya III historique, et ce, sur ordre du haut commandement de la Révolution.
Selon la même source, et bien que les forces coloniales aient découvert des traces de sabotage sur le réseau électrifié près d’Annaba, le groupe du chahid »Hidouche » a continué sa progression vers l’intérieur du territoire algérien.
Cependant, la disparition du guide nommé »Souici » dans la région de Mellaha a provoqué l’égarement du convoi au milieu des fermes.
La patrouille s’est ainsi retrouvée dans un verger d’orangers appartenant à un colon français dans la zone de Sidi Salem sur les rives de l’oued Seybouse, à environ six kilomètres du centre-ville d’Annaba, où les forces coloniales ont imposé un cordon de sécurité autour des lieux durant la nuit du 23 au 24 juin 1959.
Dès les premières lueurs de l’aube du 24 juin, précisément vers six heures du matin, les moudjahidine ont rejeté toutes les offres de reddition et ont tiré le premier coup de feu, annonçant le début d’une bataille acharnée qui a duré 15 heures complètes de combats ininterrompus, selon le même intervenant.
Face à la résistance farouche opposée par seulement 60 moudjahidine, le commandement militaire français de la région a mobilisé une force considérable supervisée par le général André Dulac, comprenant environ 23 000 soldats des forces coloniales, selon les précisions de M. Ben Aiche.
Les forces coloniales ne se sont pas contentées de leur supériorité numérique et matérielle sur le terrain, elles ont également fait appel à plusieurs escadrilles d’avions de chasse qui ont bombardé le verger de Sidi Salem avec des bombes au napalm incendiaire et des gaz toxiques, dans le but de neutraliser la résistance et de transformer le champ de bataille en un véritable enfer.
Selon M. Ben Aiche, les moudjahidine ont tout de même réussi à abattre trois avions de chasse et à détruire un char appartenant aux forces ennemies.
En contrepartie, 34 moudjahidine sont tombés au champ d’honneur, à leur tête le chef du bataillon, le lieutenant Ahmed Zougarne, dit »Hidouche ».
Par ailleurs, neuf moudjahidine ont été emprisonnés après avoir subi de graves blessures et brûlures, tandis que l’occupation française a saisi, à l’issue de la bataille, le reste du matériel brûlé du bataillon, composé de 17 mitrailleuses, 27 fusils d’assaut et trois appareils de transmission radio.
