En Algérie, la lutte contre le tabagisme demeure un enjeu majeur de santé publique.
Malgré les campagnes de sensibilisation menées ces dernières années et l’existence d’un cadre législatif destiné à encadrer la consommation du tabac, les professionnels de la santé continuent d’alerter sur la persistance du phénomène ainsi que sur l’apparition de nouvelles habitudes de consommation chez les jeunes.
Les spécialistes constatent que les premiers contacts avec la cigarette interviennent de plus en plus tôt.
Dans certains cas, l’initiation au tabac débute dès l’adolescence, une période particulièrement sensible durant laquelle les comportements à risque peuvent s’installer durablement.
Cette réalité suscite une inquiétude croissante au sein des milieux médicaux et éducatifs.
Parallèlement à la consommation traditionnelle de cigarettes, d’autres pratiques gagnent du terrain.
La chicha et les dispositifs de vapotage séduisent un nombre croissant de jeunes, souvent influencés par une image moderne ou récréative de ces produits.
Cette perception contribue à banaliser leur usage alors même que les experts rappellent qu’ils comportent des risques réels pour la santé.
Les professionnels de la santé soulignent notamment que la fumée produite lors d’une séance de chicha contient de nombreuses substances nocives susceptibles d’endommager l’organisme.
Monoxyde de carbone, particules toxiques et composés cancérigènes figurent parmi les éléments régulièrement identifiés dans les analyses scientifiques consacrées à cette pratique.
Le vapotage suscite également des interrogations.
Bien qu’il soit souvent présenté comme moins nocif que la cigarette conventionnelle, il n’est pas exempt d’effets indésirables.
Les spécialistes rappellent que l’inhalation répétée de substances chimiques peut affecter les systèmes respiratoire et cardiovasculaire, particulièrement chez les adolescents dont l’organisme est encore en développement.
Les conséquences sanitaires du tabagisme sont visibles au quotidien dans les établissements hospitaliers du pays.
Les services spécialisés prennent en charge un nombre important de patients souffrant de pathologies associées à la consommation de tabac.
Les cancers bronchopulmonaires, les maladies cardiovasculaires et les affections respiratoires chroniques figurent parmi les diagnostics les plus fréquemment observés.
Au-delà des conséquences médicales, le tabagisme représente également un défi social et économique.
Les traitements de longue durée, les hospitalisations répétées et les pertes de productivité engendrent des coûts significatifs qui affectent aussi bien les familles que les structures de santé.
Sur le plan réglementaire, l’Algérie dispose pourtant de plusieurs dispositions destinées à limiter la consommation du tabac et à protéger les populations les plus exposées.
L’interdiction de fumer dans de nombreux espaces publics ainsi que dans les établissements éducatifs constitue l’un des principaux outils de prévention mis en place par les pouvoirs publics.
Toutefois, plusieurs acteurs associatifs estiment que les efforts doivent être renforcés afin d’assurer une application plus rigoureuse de la réglementation existante.
Ils plaident également pour une intensification des actions de sensibilisation auprès des jeunes, considérés comme les plus vulnérables face aux nouvelles formes de promotion du tabac et de la nicotine.
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac 2026, les spécialistes insistent sur l’importance d’une approche globale associant prévention, éducation, accompagnement médical et mobilisation citoyenne.
L’objectif demeure de réduire durablement la consommation du tabac et de protéger les générations futures contre les effets d’une addiction dont les conséquences sanitaires continuent de peser lourdement sur la société.
Plus que jamais, la lutte contre le tabagisme apparaît comme un investissement essentiel pour la santé publique, la qualité de vie des citoyens et l’avenir sanitaire du pays.
L’enjeu dépasse la simple réduction de la consommation : il s’agit de construire une culture de prévention capable de préserver durablement les jeunes des risques liés à la dépendance nicotinique.
Abed MEGHIT
