L’Algérie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale en lançant officiellement le Forum des élites de l’environnement, une initiative ambitieuse destinée à rassembler les compétences scientifiques et les expertises algériennes établies aussi bien dans le pays qu’à l’étranger.
Cette démarche, annoncée à Alger par la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer l’implication des chercheurs, universitaires et spécialistes dans l’élaboration des politiques liées à l’environnement et au développement durable.
La création de ce Forum intervient dans un contexte mondial marqué par l’intensification des défis environnementaux, climatiques et écologiques.
Face aux mutations rapides qui touchent les ressources naturelles, la biodiversité et la qualité de vie des populations, l’Algérie cherche désormais à mobiliser l’ensemble de ses compétences afin d’anticiper les risques et construire des solutions adaptées aux réalités nationales.
Lors de cette rencontre organisée au siège du ministère, plusieurs chercheurs, enseignants universitaires et experts spécialisés dans les domaines de l’environnement et de la biodiversité ont pris part aux échanges.
L’objectif affiché est clair : créer un espace permanent de concertation, d’échange scientifique et de partage d’expériences entre les compétences algériennes de l’intérieur et celles de la diaspora.
Selon Kaouter Krikou, ce nouveau cadre participatif permettra d’accompagner les grands projets environnementaux engagés par l’Etat tout en valorisant les expertises nationales dans les domaines de la transition écologique, de la préservation des ressources naturelles et du développement durable.
Cette initiative s’inscrit également dans une vision plus large visant à renforcer les liens avec la communauté nationale établie à l’étranger.
Le secrétaire d’Etat chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, a souligné l’importance stratégique de cette démarche qui reflète l’intérêt croissant accordé par l’Etat à l’intégration des compétences algériennes expatriées dans les projets nationaux.
Pour les autorités, les compétences algériennes installées à l’étranger constituent aujourd’hui un potentiel scientifique et technologique considérable.
Nombre d’entre elles évoluent dans des centres de recherche internationaux, des universités prestigieuses ou des institutions spécialisées dans les questions environnementales et climatiques.
Leur contribution pourrait ainsi jouer un rôle déterminant dans l’accompagnement des politiques publiques nationales.
Le Forum des élites de l’environnement ambitionne donc de devenir un véritable laboratoire d’idées capable de proposer des solutions innovantes face aux défis environnementaux auxquels l’Algérie est confrontée.
La désertification, le stress hydrique, la gestion des déchets, la protection de la biodiversité ou encore l’adaptation aux changements climatiques figurent parmi les grands enjeux nécessitant une expertise scientifique renforcée.
Au-delà de l’aspect environnemental, cette initiative traduit également une évolution dans la manière de concevoir la gouvernance publique.
L’Etat mise de plus en plus sur une approche participative fondée sur la concertation, l’implication des universitaires et le recours à l’intelligence collective pour accompagner les grandes transformations nationales. Cette dynamique pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives de coopération scientifique et technologique entre l’Algérie et ses compétences établies à l’étranger.
Les échanges d’expériences, le transfert de savoir-faire et le développement de projets communs sont désormais considérés comme des leviers essentiels pour accélérer la modernisation du pays dans plusieurs secteurs stratégiques.
La création de ce Forum intervient enfin à un moment où les questions environnementales occupent une place de plus en plus importante dans les politiques internationales.
Les défis climatiques ne concernent plus uniquement la protection de la nature ; ils influencent désormais directement les questions économiques, sanitaires, sociales et sécuritaires.
À travers cette initiative, l’Algérie semble vouloir envoyer un message fort : celui d’un pays déterminé à placer la science, l’expertise et les compétences nationales au cœur de sa stratégie de développement durable.
Une orientation qui pourrait contribuer à renforcer davantage la place des chercheurs et universitaires dans les grandes décisions liées à l’avenir environnemental du pays.
Par Abed MEGHIT
