Près de 4,2 millions de personnes sont rentrées volontairement ces dernières semaines au Soudan ravagé par un conflit, qui connaît une évolution plus dramatique avec l’intensification de l’usage des drones, a indiqué une agence des Nations unies.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 83 % des rapatriés sont des déplacés internes, tandis que 17 % revenaient de l’étranger.
Environ la moitié des retours sont des jeunes de moins de 18 ans, précise un rapport de l’OIM publié vendredi.
Si le nombre de rapatriés a augmenté de 6 % par rapport au mois précédent, celui des personnes déplacées a diminué de 23 % par rapport au pic de population déplacée enregistré, et de moins de 1 % par rapport au mois précédent.
La majorité des retours a été enregistrée à Khartoum (1,9 million) et à Al Jazirah (1,1 million). L’agence onusienne indique que plus de deux millions de personnes supplémentaires devraient rentrer cette année dans la capitale soudanaise.
Environ la moitié des retours ont été recensés dans des zones urbaines (52 %), tandis qu’environ la moitié (48 %) l’ont été dans des zones rurales.
Depuis le début du conflit en avril 2023, quelque 14 millions de personnes ont été contraintes de fuir, dont près de 9 millions déplacées à l’intérieur du Soudan et 4,5 millions ayant traversé les frontières.
Plus de trois ans de conflit ont fait des dizaines de milliers de morts et provoqué une des pires crises humanitaires au monde, selon l’ONU. Depuis janvier, au moins 880 civils ont été tués dans des attaques de drones.
8.000 disparus depuis le début du conflit (CICR)
Quelque 8.000 personnes sont portées disparues depuis le début du conflit armé au Soudan en avril 2023, a indiqué, jeudi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Le porte-parole du CICR au Soudan, Adnan Azam, a affirmé que le comité a enregistré depuis le 15 avril 2023, date du déclenchement du conflit armé, quelque 8.000 disparus.
M. Azam a souligné que le CICR poursuit le dialogue avec toutes les parties au conflit afin de garantir un accès humanitaire sûr et sans entraves, permettant la protection et l’assistance des populations touchées.
Il a rappelé que, conformément au droit international humanitaire, l’accès humanitaire est essentiel à la protection des civils et que les organisations humanitaires doivent pouvoir intervenir rapidement et sans obstacles. Les Nations unies décrivent la situation au Soudan comme la plus grave crise humanitaire au monde.
Environ 12 millions de personnes ont été déplacées à cause des combats et près de la moitié de la population fait face à des difficultés d’accès à la nourriture.
Depuis avril 2023, le Soudan est le théâtre d’un conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide ayant causé des milliers de morts ainsi que des déplacements massifs de population.
