Une nouvelle déclaration visant à renforcer la coopération en matière de paix, de développement durable et de droits humains a été signée, mercredi à Addis-Abeba, entre les Nations unies et l’Union africaine, à l’occasion de la tenue du 10e Dialogue annuel de haut niveau entre les deux organisations.
Le document a été signée par le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres et le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf.
Lors d’une conférence de presse, le SG de l’ONU a salué un partenariat « plus fort que jamais » entre les deux organisations, soulignant la nécessité de renforcer la coopération face aux défis communs.
S’agissant de la lutte contre le changement climatique, Guterres a indiqué que l’Afrique pourrait devenir un « acteur majeur » dans le secteur des énergies renouvelables, estimant que d’ici 2040, « le continent pourrait produire jusqu’à dix fois plus d’électricité que ses besoins, entièrement à partir de sources propres », tout en alimentant les « 600 millions d’Africains encore privés d’accès à l’électricité ».
Evoquant, à l’occasion, la situation en République démocratique du Congo (RDC), le chef de l’ONU a appelé à transformer les avancées des négociations en un cessez-le-feu immédiat et permanent, tout en soutenant les efforts de médiation menés par l’Union africaine, sous l’égide du Togo, pour parvenir à « une solution politique durable ».
Le Dialogue annuel de haut niveau entre l’ONU et l’UA est une réunion stratégique majeure qui rassemble les dirigeants des deux organisations pour renforcer leur partenariat sur les questions cruciales en Afrique.
L’ONU appelle à une réforme profonde du système international en faveur de l’Afrique
Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a dénoncé les « injustices historiques et présentes » qui continuent d’entraver le développement de l’Afrique, plaidant pour une réforme « profonde » du système international en faveur du continent et à un soutien accru aux initiatives africaines.
S’exprimant, mercredi, à l’ouverture du 10e Dialogue annuel de haut niveau entre les Nations unies et l’Union africaine (UA) dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, le chef de l’ONU a affirmé que faire de l’Afrique une priorité relevait d' »un impératif politique et moral ».
Il a, dans ce sens, salué les avancées enregistrées sur le continent, la Zone de libre-échange continentale africaine, les réformes de gouvernance ainsi que les initiatives visant à bâtir une nouvelle architecture financière africaine.
M. Guterres a toutefois insisté sur les injustices historiques qui continuent, dit-il, de peser sur le continent.
« Nous n’oublions pas l’héritage du colonialisme, de l’esclavage et du trafic transatlantique », a-t-il déclaré, réaffirmant son soutien aux demandes africaines de réparations.
Il a expliqué que les économies coloniales avaient été conçues pour exploiter les richesses africaines au profit des puissances coloniales et des économies du Nord, et non pour développer le continent.
Le chef onusien a également dénoncé « un système international façonné sans réelle participation africaine après la Seconde Guerre mondiale », qualifiant de « scandaleuse » l’absence de membres permanents africains au Conseil de sécurité des Nations unies.
Il a, par ailleurs, critiqué une « architecture financière mondiale qui punit l’Afrique », évoquant notamment le poids de la dette, les agences de notation et la répartition des droits de tirage spéciaux.
Sur le plan sécuritaire, M. Guterres a affirmé que plusieurs conflits africains avaient été aggravés par des interventions extérieures.
Il a notamment cité la Libye, affirmant que l’intervention militaire de 2011 avait contribué à déstabiliser durablement le Sahel et à favoriser l’expansion du terrorisme dans la région.
Concernant le Soudan, le SG de l’ONU a dénoncé les ingérences étrangères et les flux d’armes alimentant le conflit, compliquant « les efforts de médiation menés par l’UA », et mis parallèlement en garde contre le risque de voir se reproduire un modèle d’exploitation des ressources africaines dans le contexte de la transition verte et numérique.
L’Afrique dispose d' »atouts fantastiques » grâce à ses minéraux stratégiques, a-t-il souligné, avertissant toutefois contre un système où les ressources quitteraient une nouvelle fois le continent sans création de valeur locale.
Pour M. Guterres, « le succès de l’Afrique est désormais essentiel pour le succès mondial ».
Il a estimé, à ce propos, que l’avenir du multilatéralisme et l’équilibre des relations internationales dépendaient largement de la capacité du continent à offrir des perspectives à sa jeunesse en pleine croissance.
Le Dialogue annuel de Haut niveau entre l’ONU et l’UA est une réunion stratégique majeure qui rassemble les dirigeants des deux organisations pour renforcer leur partenariat sur les questions cruciales en Afrique.
