L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), relevant des Nations unies, a annoncé qu’environ 4,1 millions de personnes sont retournées dans leurs régions d’origine à travers le Soudan, malgré la poursuite du conflit et l’effondrement généralisé des services de base, qualifiant cette évolution de « lueur d’espoir » au milieu de l’une des plus graves crises de déplacement au monde.
Le chef de la mission de l’OIM au Soudan, Mohamed Rifaat, a affirmé mardi soir, dans des déclarations au Centre d’actualités des Nations unies, que la hausse continue du nombre de retours, qu’ils soient internes ou en provenance de l’étranger, représente « une lueur d’espoir qui continue d’éclairer le dossier soudanais ».
Il a ajouté que l’écrasante majorité des personnes retournées, soit plus de 80 %, sont revenues de l’intérieur du Soudan vers neuf grandes régions, notamment celles de Khartoum, Al Jazera et Sennar, précisant que le nombre de déplacés internes a diminué de 23 % par rapport au pic enregistré en janvier 2025, lorsque le pays comptait près de 12 millions de déplacés.
Le responsable onusien a expliqué que l’augmentation des retours volontaires démontre « l’attachement du peuple soudanais à sa terre et son maintien de l’espoir malgré une légère amélioration de la situation sécuritaire », tout en avertissant que la majorité des retournés font face à des conditions extrêmement difficiles dans leurs régions d’origine, marquées par d’importantes destructions et l’effondrement des services de base.
Il a également indiqué qu’environ 70 % des habitations auxquelles les populations retournent à Khartoum sont partiellement ou totalement détruites, alors que les zones de retour souffrent d’une quasi-absence d’électricité, d’eau ainsi que des services de santé et d’éducation.
Conflit au Soudan: Guterres réitère son appel à « un cessez-le-feu durable »
Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a de nouveau appelé à « une cessation immédiate des hostilités » et à « un cessez-le-feu durable » au Soudan, en proie à un conflit armé depuis plus de trois ans.
« La guerre au Soudan déchire le pays.
Les civils paient un prix inacceptable, les femmes et les enfants étant les plus touchés », a écrit M.
Guterres dans un message publié mardi soir sur les réseaux sociaux.
« Je réitère mon appel à une cessation immédiate des hostilités, à un cessez-le-feu durable et à une transition démocratique, civile et menée par les Soudanais », a-t-il souligné.
Depuis avril 2023, le Soudan est le théâtre d’un conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR), qui a fait des milliers de morts et entraîné le déplacement de millions de personnes.
Entrée dans sa quatrième année, le conflit a provoqué « la pire catastrophe humanitaire au monde », selon l’ONU, avec plus de 12 millions de déplacés et près de la moitié de la population confrontée à une insécurité alimentaire aiguë.
Soudan: au moins six morts dans une attaque de drone au Darfour (source médicale)
Au moins six personnes ont été tuées mardi dans une attaque de drone au Darfour, dans l’ouest du Soudan, affirme une source médicale de la localité visée.
D’après une source médicale de l’hôpital d’El-Daein (Darfour-Est), six corps ont été transférés dans l’établissement, ainsi que cinq blessés, dont trois grièvement.
Selon l’ONU, les frappes de drones ont déjà causé la mort d’au moins 880 civils en quatre mois.
Entré dans sa quatrième année, le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), qui a provoqué la pire catastrophe humanitaire au monde selon l’ONU, a fait des dizaines de milliers de morts, certaines estimations faisant état de plus de 200.000 décès.
Des données de « Emergency Lawyers », un groupe indépendant qui documente le conflit soudanais, montrent que des frappes de drone sur des véhicules civils ont fait au moins 36 morts ces 10 derniers jours.
Plus de 50 personnes ont été blessées et de nombreux véhicules détruits à travers le pays, ajoute cette source.
Les FSR ont pris le contrôle en octobre d’El-Facher dans l’Etat du Darfour-Nord, qui était le dernier bastion de l’armée dans la région.
Depuis, les combats se sont étendus au Kordofan-Sud et à l’Etat du Nil Bleu (sud-est), près des frontières avec l’Ethiopie et le Soudan du Sud.
Dans l’Etat du Nil Bleu, dont le contrôle reste disputé, l’armée a déclaré la semaine dernière avoir repris une zone située sur une route stratégique reliant le Soudan et l’Ethiopie. Près de 50.000 personnes ont fui le Nil Bleu entre janvier et mai, selon l’ONU. Depuis peu, les FSR font face à une série de défections.
